Emmanuel Macron s’indigne des violences du 17 octobre. Mais derrière les appels à l’ordre et à la fermeté, une question demeure : quelles réponses politiques à la colère qui traverse le pays ? Après près de dix ans au pouvoir, le président de la République ne peut s’exonérer de sa responsabilité dans la crise sociale et démocratique.
Bien sûr, les scènes de désolation sont choquantes. Nous croyons nous, à la force des mobilisations populaires, massives, joyeuses et déterminées. Mais lorsque les mêmes phénomènes éclatent dans les métropoles comme dans les villes moyennes, il ne suffit plus d’invoquer quelques casseurs. Condamner les violences ne dispense pas d’en comprendre les causes.
L’ordre bourgeois célèbre la richesse et entretient la misère. Il fabrique le désir et organise la frustration. Il promet à tous les joies de la consommation tout en réservant à quelques-uns les moyens d’y accéder. Ce système ne peut s’étonner de la violence d’une société dont il nourrit lui-même les contradictions.
Mais la condamnation des destructions sert aussi à escamoter une autre violence : d’abord celle d’une doctrine de maintien de l’ordre toujours plus répressive, dont les échecs et les conséquences doivent être examinés. La réponse à la crise ne peut être une nouvelle escalade sécuritaire. Laurent Nuñez doit partir. Nous exigeons une remise à plat de la doctrine du maintien de l’ordre, le respect du droit de manifester et la garantie effective des libertés publiques.
La jeunesse ne manque pas d’avenir : c’est ce système qui le lui confisque. Comment croire aux promesses de la République quand étudier coûte toujours plus cher, quand se loger devient inaccessible, quand la précarité remplace la perspective d’un emploi stable ? Cette jeunesse ne demande ni leçons de morale ni consultations sans lendemain. Elle revendique le droit d’étudier, de travailler, de vivre dignement, de défendre la planète et de décider de son avenir. Elle porte aussi l’espoir d’une autre société.
Les revendications populaires sont connues. Elles appellent des décisions immédiates : augmentation des salaires, des pensions et des minima sociaux ; blocage des prix des produits essentiels, de l’énergie et des carburants ; construction massive de logements sociaux et encadrement des loyers ; moyens pour l’école, l’université, la santé et les services publics ; taxation des grandes fortunes et des profits ; partage des richesses et démocratisation de l’économie.
Au lieu d’y répondre, Emmanuel Macron renvoie le débat à l’élection présidentielle. En opposant l’ordre au chaos, il tente de ressusciter un bloc macroniste moribond et d’enfermer le pays dans un faux choix entre l’extrême droite et la poursuite de l’ultralibéralisme.
Mais la crise est aussi celle d’une Ve République à bout de souffle, qui concentre les pouvoirs, affaiblit la souveraineté populaire et réduit trop souvent la démocratie au seul bulletin de vote. Une République uniquement libérale, qui renonce à être sociale, est une République impuissante.
La sortie de crise exige une rupture démocratique et sociale. Elle passe par une VIe République, qui rende le pouvoir au peuple, garantisse les libertés, développe de nouveaux droits sociaux et permette aux citoyens comme aux travailleurs de peser réellement sur les décisions économiques.
Pour Alternative communiste, l’urgence est au rassemblement de la gauche autour d’un programme de rupture, capable de répondre aux aspirations populaires, de combattre l’extrême droite et d’ouvrir une autre perspective que la continuité macroniste.
Ni l’extrême droite, ni l’ultralibéralisme !
La VIe République, la justice sociale et le pouvoir au peuple !


