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2027 : 10 raisons de ne pas s’enfermer dans une candidature communiste

En septembre, les communistes seront appelés à se prononcer sur la candidature de Fabien Roussel à l’élection présidentielle de 2027. Ce vote doit être l’occasion d’un véritable choix stratégique : une candidature communiste est-elle aujourd’hui le meilleur moyen de faire avancer nos idées, de faire gagner la gauche et de battre l’extrême droite ? Voici dix raisons de penser que non.

1. Avoir une ligne communiste ne signifie pas nécessairement avoir un candidat.
Nous avons une conception propre du travail, de l’industrie, de l’énergie, des services publics, de la République et de la transformation sociale. Mais notre autonomie politique ne se mesure pas à notre présence sur un bulletin de vote. La seule question qui vaille est : une candidature communiste est-elle utile pour faire avancer nos idées et notre camp ?

2. Nous avons expérimenté cette stratégie en 2022.
La candidature communiste devait permettre de reconstruire notre influence et de retrouver une visibilité nationale. Elle a obtenu 2,28 %. Cinq ans plus tard, rien ne permet de penser qu’une nouvelle candidature changerait fondamentalement notre rapport de forces. Recommencer ne peut pas constituer en soi une stratégie.

3. Nous devons regarder notre situation en face.
Le Parti est affaibli dans les entreprises, les quartiers populaires, les collectivités et les élections nationales. Dans le rapport de forces actuel, une candidature communiste ne serait pas une candidature de conquête susceptible d’accéder au second tour. Nous parlerions donc d’une candidature de quelques pourcents, dans une élection où quelques pourcents peuvent précisément décider de la qualification.

4. L’unité de toute la gauche au premier tour paraît désormais hors d’atteinte. Il faut le regretter, pas le théoriser.
Tout indique aujourd’hui qu’il y aura plusieurs candidatures à gauche. C’est un échec. Mais nous refusons d’en tirer la conclusion qu’il existerait plusieurs gauches définitivement irréconciliables. Ce qui semble impossible au premier tour peut devenir indispensable au second.

5. La question centrale devient donc : qui peut franchir le premier tour ?
Puisque la gauche partira vraisemblablement divisée, notre responsabilité minimale est de maintenir une candidature de gauche en situation de se qualifier. Aujourd’hui, c’est la gauche radicale qui dispose de la base électorale et populaire permettant d’envisager cette qualification. Nous pouvons avoir des désaccords avec elle sans prendre le risque de lui retirer les quelques points qui pourraient lui manquer pour accéder au second tour.

6. Ne pas présenter de candidat communiste ne signifie ni se rallier, ni renoncer à ce que nous avons de spécifique.
Nous n’avons pas besoin d’inventer une opposition artificielle entre des communistes supposément révolutionnaires et des Insoumis supposément réformistes. Ce serait peu lucide sur l’état réel de nos forces et sur les contenus portés de part et d’autre. Dans plusieurs domaines, la gauche insoumise porte elle-même des propositions de rupture importantes.

Notre apport propre doit plutôt être affirmé là où il est réellement singulier : la place centrale du travail et des rapports de production dans la transformation de la société, la conquête de nouveaux pouvoirs pour les salariés dans l’entreprise, la propriété et la maîtrise collective des moyens de production, les services publics, l’industrie, la planification et la lutte contre le pouvoir du capital. Ces contenus peuvent être portés avec force dans une campagne commune ou aux côtés d’autres forces, sans candidature communiste autonome.

7. Notre stratégie doit articuler un premier tour de rapport de forces et un second tour de rassemblement.
Nous devons partir de la situation telle qu’elle est. Au premier tour, empêcher l’émiettement du pôle de gauche susceptible de se qualifier. Au second, créer les conditions du rassemblement de toute la gauche pour gagner. L’accès d’une candidature de gauche radicale au second tour créerait une situation entièrement nouvelle et poserait à toutes les forces de gauche la question de leur responsabilité devant le pays.

8. Le danger de l’extrême droite change la nature de notre responsabilité.
2027 peut voir l’extrême droite accéder au pouvoir. Nous ne pouvons pas raisonner comme si nous préparions une présidentielle ordinaire. Que signifierait un résultat communiste de 2, 3 ou 4 % si ces mêmes voix manquaient à la gauche pour accéder au second tour ? Nous aurions affirmé notre identité mais affaibli notre camp.

9. Notre histoire nous enseigne le rassemblement, pas l’irréconciliabilité.
En 1936, les communistes, les socialistes et les radicaux avaient des différences politiques et stratégiques immenses. Cela n’a pas empêché le Front populaire. Les communistes n’ont pas abandonné leur identité ni leur projet : ils ont compris que, face au fascisme et à la crise, leur autonomie devait servir la construction d’un rassemblement populaire capable de gagner.

10. Notre ambition doit être plus grande que compter nos voix.
Nous ne voulons ni disparaître, ni nous dissoudre, ni renoncer à une perspective communiste. Nous voulons reconstruire une organisation communiste forte, reprendre pied dans le monde du travail et les quartiers populaires, faire avancer des contenus de rupture et contribuer à la victoire.

L’unité de toute la gauche au premier tour semble aujourd’hui hors d’atteinte : nous le regrettons. Mais nous refusons d’en faire une théorie des gauches irréconciliables. Notre responsabilité est désormais de ne pas ajouter une division supplémentaire, de maintenir la gauche radicale en capacité d’accéder au second tour et, si elle y parvient, de rendre possible le rassemblement de toute la gauche pour battre la droite et l’extrême droite.

L’autonomie communiste n’est pas l’isolement. Elle consiste à porter une conception propre de la transformation sociale, à organiser le monde du travail et à faire vivre des propositions de rupture, y compris dans un cadre de rassemblement. Notre objectif n’est pas d’avoir un candidat pour prouver que nous existons. Il est de faire en sorte que les communistes soient utiles pour gagner, et suffisamment forts pour peser sur ce qui viendra après.

21 réponses

  1. Avatar de Lafleur
    Lafleur

    Cher Gérard Loeuilliette, Cher camarade,

    Je comprends ton raisonnement, mais je crois qu’il faut justement dépasser le seul résultat de 2022 et regarder ce qui s’est passé ensuite.

    En 2022, Mélenchon était effectivement à 21,95 %, tout près de Marine Le Pen. Mais cela ne suffit pas à démontrer que maintenir la candidature communiste a « laissé la place » au RN. Les 2,28 % de Fabien Roussel ne se seraient pas mécaniquement reportés sur Mélenchon, et surtout, il faut regarder ce que la stratégie de rassemblement autour de LFI a produit depuis de la NUPES de 2022 au NFP de 2024.

    La NUPES n’a pas remporté les législatives de 2022. Le NFP n’a pas davantage permis de construire une majorité en 2024 et, au second tour, ses candidats se sont parfois retirés au profit de candidats macronistes ou de droite pour empêcher le RN de gagner quelques sièges. Surtout, la gauche n’a pas réussi depuis 2022 à s’imposer durablement comme une force d’opposition cohérente à Macron.

    Les plus unitaires au sein de LFI ont été purgés en 2024, Henrik Davi de la GES ou encore les vieux briscards mélenchonistes issus du PG : Corbière, Garrido, Simonet. De même Clémentine Autain ou l’ancienne député Pascale Martin ont été sorties. Cela rappelle les précédents départs de Charlotte Girard ou encore de François Coq ainsi que précédemment de Marc Dolez, co-fondateur du PG, et de nombreux autres.

    Je pense donc qu’il faut poser une question plus fondamentale : quel bloc social voulons-nous construire ? LFI a certes une implantation réelle dans une partie des classes populaires, notamment dans les quartiers, mais sa conception politique repose sur une « révolution citoyenne » et cherche à agréger classes populaires, classes moyennes et une grande diversité de catégories sociales. Son cœur est les classes intermédiaires intellectuelles déclassées et précarisées de la jeunesse. C’est donc des personnes qui auraient été au PS avant 2008, les sociaux radicaux ; pas des communistes. C’est une stratégie respectable, mais ce n’est pas la même chose que construire un front de classe fondé sur le monde du travail et les producteurs. Les textes de LFI eux-mêmes parlent d’ailleurs de « classes populaires et moyennes ». Le populisme n’est pas le marxisme. LFI est un mouvement pas un parti de classe.

    Pour moi, la transformation sociale ne peut pas être réduite à une révolution institutionnelle ou citoyenne. Elle suppose de s’attaquer aux rapports de production, à la propriété du capital, au pouvoir dans l’entreprise et à la maîtrise collective de l’économie. C’est pourquoi, sincèrement, je ne pense pas que notre responsabilité historique soit de mettre notre force au service de la candidature jugée la mieux placée. Elle est de reconstruire une force communiste, dès à présent, capable de reconquérir le monde du travail et de contribuer ensuite à un rassemblement populaire démocratique sur une base de classe pour vaincre la fascisation.

    Nous devons évidemment tout faire pour battre le RN. Mais je ne suis pas convaincu que nous le ferons durablement en nous effaçant derrière une autre force. Au contraire, si nous voulons que la gauche puisse demain incarner une véritable alternative, il faut qu’elle retrouve une colonne vertébrale populaire et de classe.

    C’est tout le sens pour moi de la candidature du PCF en 2027 : non pas diviser pour diviser, mais reconstruire pour pouvoir ensuite rassembler sur des bases solides.

    Fraternellement.

  2. Avatar de Chabian
    Chabian

    Je suis de Belgique. La présidentielle française me parait un piège hypnotisant, proposant des “champions” en dehors de tout contenu, de tout contrat avec l’électeur. Dans une démocratie obligeant à un compromis entre deux camps (comme chez nous), un compromis très précis indique ce qui va être sans doute fait. Bien sûr la politique est faite de surprises dans l’agenda. Chez nous, on se trouve de manière inattendue avec un gouvernement libéral sans compromis équilibré, et l’austérité est soudain le seul programme et les promesses sont oubliées.
    Il faut remarquer que vous terminez une période politique effroyable, de gouvernement minoritaire, régnant par défaut de coalition des oppositions. Avec donc un rejet profond de cette politique-spectacle. Il faut la reconnaître et la considérer dans les enjeux.
    Il faut parler stratégie. Et cela porte tant sur la présidentielle que sur les élections parlementaires, bataille aussi importante.
    Comme le dit J H ci-dessus, “La question n’est plus “Qui sera au 2d tour face à Macron”, mais “qui sera au 2d tour face au RN”. Et il faut considérer que si c’est JLM, une large part de la bourgeoisie préférera voter RN. Dès lors, il faut envisager de voter pour le candidat de droite (Philippe, en principe), car il n’y a pas de candidat du centre-gauche qui soit préférable (une option de type Nupes ou NFP a été rendue impossible). Et envisager un quinquennat de cette droite, et se demander ce que nous pouvons influer pour … nos luttes.
    (On ne peut exclure par exemple une candidature PS qui annonce un futur compromis avec la droite).Dès lors, on ne peut exclure une abstention de la gauche au 2e tour… mais aussi une lutte pour devoir voter à droite contre le RN !
    Voilà le contexte qui commande à la question stratégique. Et ma première impression est que cette élection va atomiser les forces de gauche, tout le monde accusant tout le monde d’être la cause de défaite. Et cette débacle sera terrible… pour les élections parlementaires qui renforceront une majorité de droite. Or un fort camp de députés de gauche est important, et donc vous aurez besoin d’unité locale… dès maintenant ! Toute autre attitude, c’est… jouer perdant.
    Enfin n’oubliez pas que l’essentiel est ailleurs. Le mécontentement social ne peut que s’accroitre, et il faut lui donner une perspective. (Selon moi, en bref,
    une perspective “rouge-verte”, qui n’a reçue encore aucune consistance sérieuse) Et redonner confiance dans la lutte sociale et politique.

  3. Avatar de Lafleur
    Lafleur

    Camarades d’Alternative Communiste,

    Merci pour votre contribution au débat en prévision du vote des 3,4,5 et 6 septembre. Permettez moi de vous y répondre fraternellement comme communiste. Je partage votre préoccupation première : face au danger de l’extrême droite, nous devons rechercher l’unité d’action et construire le rassemblement populaire le plus large. Mais je ne partage pas la stratégie que vous en déduisez. Je veux donc répondre directement à vos dix points.

    1. « Avoir une ligne communiste ne signifie pas nécessairement avoir un candidat. »
    Certes. Une candidature n’est pas une fin en soi. Mais l’autonomie politique ne peut pas davantage se réduire à quelques idées communistes que l’on chercherait à faire valoir dans la campagne d’un autre. L’éclatement du PS depuis 2018 en trois pôle engendre de la confusion et un débat sur des tactiques étrangères à la transformation communiste : le pôle social-libéral d’Attal et Glucksman, le pôle social-démocrate de Faure et Tondelier, le pôle radical-social de Mélenchon. C’est trois pôles ne sont pas communistes et n’ont pas le socialisme comme projet ou comme objectif ; ils veulent aménager le système. La question est : quelle candidature permet de reconstruire un rapport de forces communiste ?

    2. Les 2,28 % de 2022.
    C’est un résultat insuffisant, qu’il faut analyser sans complaisance.

    Mais pourquoi en déduire qu’une nouvelle candidature reproduirait nécessairement ce résultat ? Cette campagne a aussi été sabotée en interne. Et une campagne n’est pas la répétition mécanique d’une précédente. Elle peut remobiliser, convaincre et reconstruire.

    3. « Regardons notre situation en face. »
    Justement. Notre faiblesse dans les entreprises, les quartiers populaires et les élections nationales devrait nous conduire à reconstruire notre implantation, pas à considérer cette faiblesse comme une raison supplémentaire de nous effacer. Au contraire. Le rapport de forces est une donnée ; notre stratégie doit avoir pour objectif de le modifier.

    4. L’unité de la gauche au premier tour.
    Il ne faut pas transformer ce constat en théorie des gauches irréconciliables. Nous pouvons défendre une candidature communiste et travailler simultanément à l’unité d’action.

    Autonomie et rassemblement ne sont pas contradictoires. Pour une victoire au deuxième tour par la gauche, c’est indispensable. Pensez à 1981. Sans dynamique à gauche, le deuxième tour sera des appels aux sociaux-libéraux et aux conservateurs pour l’emporter. Ce sera réduire l’avenir en commun, comme l’a fait la NUPES – qui pointait des divergences – et plus encore le NFP. L’avenir en commun de LFI serait donc tiré encore plus vers la droite.

    Enfin, soyez honnête, l’avenir en commun plus l’électricité (pour citer Lénine), c’est Fabien Roussel qui le défend avec le plan climat élaboré en 2023 par la commission écologie.

    5. « Qui peut franchir le premier tour ? »
    Vous répondez : la gauche radicale, donc en pratique LFI. Mais c’est ici que s’opère le glissement stratégique. Reconnaître que LFI est aujourd’hui mieux placée électoralement est un constat. En conclure que les communistes doivent éviter de lui prendre des voix, c’est déjà subordonner notre stratégie à la sienne. Rien ne garantit d’ailleurs qu’un transfert mécanique de voix communistes suffirait à résoudre la question de la qualification.

    Les échecs de Jean-Luc Mélenchon en 2017 et 2022 le prouvent.

    6. « Ne pas présenter de candidat communiste ne signifie pas renoncer à notre spécificité. »
    Mais comment reconstruire durablement cette spécificité si nous renonçons précisément à la mettre en débat national ? Le travail, la propriété, les rapports de production, les pouvoirs des salariés, l’industrie, la planification et les services publics ne sont pas des amendements à apporter à la campagne d’une autre force. Ils constituent une conception globale de la transformation sociale. Le programme du PCF plus offensif que l’AEC.

    7. Premier tour de rapport de forces, second tour de rassemblement.
    Je partage l’idée qu’il faut penser les deux tours différemment. Mais votre raisonnement enferme le premier tour dans une logique de qualification d’un candidat déjà installé.

    Je propose autre chose : faire de la présidentielle un moment de construction d’un front de classes des producteurs, puis des législatives celui d’un Rassemblement populaire démocratique, ouvert aux autres forces de gauche, aux syndicats, aux associations et aux citoyens. La gauche n’a pas vocation à se corneriser et à se limiter à du keynésianisme.

    8. Le danger de l’extrême droite.
    Il est réel et doit guider notre stratégie. Mais battre durablement l’extrême droite ne consiste pas seulement à empêcher qu’elle gagne une élection. Il faut reconstruire une alternative de classe auprès de celles et ceux qu’elle capte aujourd’hui.

    Renoncer à cette bataille au nom de quelques pourcents hypothétiques, c’est risquer de traiter le symptôme sans reconstruire le rapport de forces qui permet de le combattre.

    Depuis 2002, le FN puis le RN est un diable de confort. Jean-Luc Mélenchon le déclarant bien en 2010. Il dénonçait aussi le vote utile sur pression des sondages. Il écrivait : «Madame Le Pen, comme son père est une diablesse de confort au service du système. Elle fonctionne comme la clef de contact qui met en route la machinerie du « vote utile », talisman électoral de l’UMP et du PS. Grâce à elle, et à ses provocations à deux balles, rien ne changera jamais». Il précisait alors : «L’UMP peut sauter comme un cabri et jouer la peur d’une élimination au deuxième tour en cas de dispersion des voix. Et le PS de même ! Pas besoin de programme, pas besoin de débats, pas de démonstrations, juste de la trouille et de l’injonction culpabilisante. Madame Le Pen est un agent au service du vote contraint pour l’UMP ou le PS». Aujourd’hui, une candidature libérale et sa candidature populiste.

    9. Le Front populaire.
    L’histoire de 1936 ne nous enseigne pas que les communistes doivent s’effacer pour permettre le rassemblement.

    Elle montre au contraire qu’une organisation communiste forte, autonome et organisée peut participer à un rassemblement beaucoup plus large sans abandonner son identité ni sa perspective. L’autonomie communiste n’est pas l’obstacle au rassemblement : elle en est une condition de force. Nous devons tirer vers la gauche, la classe, nos partenaires, comme en 1936 en arrimant autant que possible à l’époque la SFIO et le Parti Radical-Socialiste.

    10. « Notre ambition doit être plus grande que compter nos voix. »
    Je suis entièrement d’accord. Mais précisément : notre ambition doit être de reconstruire une force communiste capable de peser sur le réel. Faire de la qualification de LFI l’objectif stratégique du premier tour ne construit pas cette force ; cela risque au contraire de renforcer l’hégémonie d’une organisation dont vous avez vous-mêmes souligné le danger.

    Jean-Luc Mélenchon prétendra que le score est le sien. Nous renforcerons le présidentialisme et l’égo-politique. Ce n’est pas notre conception de la démocratie.

    C’est là, pour moi, la contradiction fondamentale de votre démarche : vous voulez reconstruire l’autonomie communiste tout en demandant aux communistes de subordonner leur expression présidentielle à la qualification d’une autre force. Ce n’est plus seulement une question de candidature ; c’est une conception différente de l’autonomie.

    LFI est une force avec laquelle nous devons travailler chaque fois que cela permet l’unité d’action. Mais elle n’est ni communiste ni porteuse d’une perspective socialiste.

    Sa matrice relève davantage d’un radical-socialisme contemporain, avec une forte dimension populiste. Nous pouvons donc rechercher le rassemblement sans faire de sa candidature notre horizon stratégique. Nous devons créer une hégémonie au sens de Gramsci, en vue d’une alliance de classe claire, à partir d’un front de classe pour envisager ensuite, comme en 36, un rassemblement populaire avec les formations réformistes.

    Si les communistes décident majoritairement en septembre de soutenir Fabien Roussel, cette décision devra devenir un mandat militant : débat libre avant le vote, responsabilité collective après. Chacun pourra continuer à défendre ses analyses ; mais la décision collective devra être mise en œuvre, ce qui signifie faire campagne, travailler à l’unité d’action et combattre ensemble l’extrême droite — pas mener une campagne concurrente ni organiser le départ du Parti ou d’une fraction du Parti vers LFI. L’influence des communistes insoumis de Francis Parny est faible, comparée aux organisations trotskistes du NPA-A ou encore du POI, voire du PCR ; et les soutiens actuels de l’OCF ou encore de l’URC laisse entendre qu’il y aura des déçus. Mélenchon sortira probablement de l’ambiguïté vers sa droite, ayant besoin des partis de gauche bourgeois, voire de la bourgeoisie ; si le PCF n’a pas pu constituer un front de classe sur des bases productives solidaires et claires.

    Je ne veux pas d’un PCF réduit à l’appoint électoral d’une autre force et qui subordonne ses propres objectifs politiques démocratiquement délibérés. Je veux un Parti communiste autonome, organisé et conquérant : un front de classes des producteurs à la présidentielle, un rassemblement populaire démocratique aux législatives. C’est à cette condition que nous pourrons à la fois reconstruire le Parti, rassembler le peuple et conquérir le pouvoir.

    Fraternellement,

    1. Avatar de Nicolas
      Nicolas

      Merci pour ta réponse argumentée, camarade, mais… pourquoi toute cette stratégie n’a-t-elle pas été mise en place pendant les longues périodes entre les élections, et ce depuis 2018 ?
      Le PC de Fabien Roussel est manifestement vu aujourd’hui comme “à droite de LFI” par les classes populaires, alors que le PC devrait être l’alternative à gauche de LFI.
      Il faut lancer le travail pour parvenir à relancer une alternative communiste qui reconquiert les classes populaires. Mais dans le moment politique immédiat, une direction du PC, perçue comme frileuse sur l’anti-racisme et “droitière” (à cause des erreurs médiatiques du type “contre la France des allocs”), qui empêcherait la gauche radicale LFI de se qualifier pour le second tour, se mettra à dos les classes populaires et rendra plus compliquée et longue la renaissance nécessaire d’un pôle communiste puissant et influent.

      Le moment politique n’est pas si compliqué.
      Aujourd’hui LFI a réussi à convaincre un grand nombre d’électeurs qu’il représentait la gauche radicale et égalitaire. À juste titre ou non, ce n’est pas la question. La bonne manière de convaincre le peuple des idées communistes n’est définitivement pas d’empêcher LFI de gagner les élections, mais :
      – de créer le rapport de force social après la victoire de LFI pour permettre les mesures allant dans le bon sens (sans grave de la CGT et du PC, le gvt du Front Populaire de Blum n’aurait jamais rien voté de positif)
      – sur cette base de légitimité sociale, acquise dans la lutte par un pôle communiste redevenu influent auprès des classes populaires, et sur cette base seulement reviendront les succès électoraux, les classes populaires s’apercevoir matériellement des limites d’un programme comme l’AEC et du besoin d’un programme communiste.

      Penser que l’influence du communisme sera plus simple à développer si le pays reste gouverné par les libéraux ou les fascistes est une impasse intellectuelle, et tourne le dos au marxisme et à Lénine.

      Fraternellement

  4. Avatar de Vincent MICHAUD
    Vincent MICHAUD

    puis-je en ajouter un 11ème ?
    le programme de transformation est connu et souhaitable, en bonne partie,
    telle une astuce pour faciliter une épreuve,
    ‘ou une concoction médicinale à base de plantes pour soulager des maux manifestes.
    A peine trouvé, à peine perdue, les communistes devront souffler eux aussi, sur le feu de l’insoumission, à l’aune de transformations sociétales majeures,
    et les anarchistes, les écologistes, les femmes, féministes ou pas, les pauvres et les perdants magnifiques, les bons élèves et les autres, les vieux et les autres, les fous, les musiciens, les artistes de toutes les couleurs, les scientifiques, les timides et les comédien.nes, les services publics, pas les autres, les sans-papier, les vagabonds, les migrants et les autres sédentaires motorisés,
    toustes devrons tenir la vague, debout, émancipé.es des peurs légitimes, solidaires et libres dans l’adversité brutale des vents géopoliclimatiques et des marées brunes,
    bien arrimés à la fleur du bout du fusil, nous serons vigilants et préparés autour de la demi, déter et triophants, au final.
    Mélenchon 2027,
    pour avoir des raisons de lutter en paix

    1. Avatar de Lafleur
      Lafleur

      Cher Vincent Michaud, Cher camarade,

      Bien sûr que tu peux en ajouter un onzième, et je le prends au sérieux, même si je t’avoue avoir dû reprendre mon souffle en arrivant au bout de ta phrase ! 😊

      Sur le fond, je crois que nous partageons une conviction essentielle : la transformation sociale ne peut pas se résumer à un programme électoral. Elle doit permettre à toutes celles et tous ceux qui subissent les dominations, les inégalités, les discriminations et les effets des bouleversements écologiques et géopolitiques de devenir pleinement acteurs de leur émancipation.

      Là où je crois que nous divergeons, c’est sur la manière de transformer cette aspiration en force politique capable de gagner et surtout de transformer durablement la société.

      La longue énumération de toutes celles et ceux qu’il faudrait rassembler montre justement la difficulté : une addition de colères, de combats et de sensibilités ne constitue pas automatiquement un sujet politique commun. Pour nous communistes, la question reste donc celle du rapport de forces. Qui organise ? Sur quelle base sociale ? Autour de quels intérêts communs ? Et comment faire de cette diversité une force capable de s’attaquer au pouvoir du capital ?

      C’est précisément pour cela que je ne crois pas que la candidature de Mélenchon soit une réponse suffisante à cette question.

      Nous pouvons naturellement travailler avec les insoumis, les écologistes, ceux de l’après ou de generation.s, les interorga féministes, les associations citoyennes, les syndicats, les citoyens engagés et toutes celles et ceux qui veulent combattre l’extrême droite et transformer la société. Mais le rassemblement ne dispense pas de construire une force communiste. Au contraire, il lui faut un point d’appui.

      Je pense même que ton commentaire donne involontairement un argument à la candidature communiste. Si nous voulons que tous ces combats ne restent pas juxtaposés, il faut travailler à leur convergence autour d’une transformation réelle des rapports de pouvoir. Et cette question nous ramène au travail, à la propriété, à la maîtrise collective de l’économie, aux pouvoirs des salariés, aux services publics, à l’industrie, à la planification et à la capacité démocratique de décider.

      Ce n’est pas opposer la classe aux autres combats. C’est chercher ce qui permet de les relier à une transformation structurelle de la société.

      Je ne pense donc pas que nous ayons à choisir entre l’émancipation portée par la diversité des mouvements sociaux et la reconstruction communiste.

      Nous devons faire les deux.

      C’est précisément le sens que je donne à l’autonomie communiste : être capable de construire notre propre force tout en recherchant partout les convergences nécessaires. Et c’est là que la présidentielle peut être utile. Non pas pour « compter nos voix », ni même pour satisfaire un besoin identitaire, mais pour mettre en débat une autre conception de la transformation sociale, organiser celles et ceux qui peuvent la porter et commencer à reconstruire un rapport de forces.

      Je comprends parfaitement que tu puisses considérer que Jean-Luc Mélenchon est aujourd’hui mieux placé pour porter une partie de ces aspirations.

      Mais je ne pense pas que nous devions en déduire que les communistes doivent lui laisser l’espace politique. Sinon, nous risquons de confondre rassemblement du peuple et hégémonie d’une autre force politique. Sur la dette, par exemple, LFI cherche prioritairement à libérer l’État de la contrainte financière et européenne et son programme s’y borne ; le PCF veut utiliser cette rupture pour conquérir progressivement le pouvoir sur l’argent, le crédit, l’investissement et la production.
      La question devient alors : non seulement comment sortir de la camisole, mais qui tient les clés une fois qu’on l’a retirée, et selon quels critères on utilise la puissance économique ainsi libérée. Cette rupture doit être présentée ; sinon nous laissons le débat sur des modalités d’aménagement qui vont à Glucksmann et aussi à Pigasse.

      Et, je ne crois pas que le problème soit de savoir si nous serons « bien arrimés à la fleur du bout du fusil », même si la formule est belle, mais bien de savoir qui tient le gouvernail, avec quel projet, quelle organisation et quel rapport de forces.

      Pour ma part, je préfère donc que les communistes soient présents dans cette bataille avec leur propre candidature, leur propre projet et leur propre organisation, tout en tendant la main à toutes les forces disponibles pour combattre l’extrême droite et ouvrir ensemble et dans la clarification une perspective de transformation.

      Nous pouvons nous retrouver dans la lutte sans renoncer à chercher ensemble ce qui manque aujourd’hui le plus à notre camp : une force populaire organisée, consciente de ses intérêts et capable de conquérir durablement le pouvoir.

      Fraternellement.

      1. Avatar de Nicolas
        Nicolas

        Tout à fait d’accord pour le rapport de force, mais le plus important : celui contre la bourgeoisie capitaliste.
        Il n’y a aucun moyen de convaincre les classes populaires de l’importance de l’action communiste, s’il leur paraît qu’elle s’exerce contre LFI sur cette séquence politique actuelle, et que le résultat paraisse être son élimination au 1er tour. Il faudra attendre une longue période pour que cela s’oublie, ce qui fera perdre du temps.

        “Il faut savoir faire 1 pas en arrière pour faire 2 pas en avant” disait Lénine, en parlant de temporairement accepter un compromis avec les mencheviks pour au final accéder au pouvoir.
        Je comprends tout à fait ton hésitation : quel niveau de compromis est acceptable ?
        Un compromis avec un PS devenu libéral ? Jamais.
        Un compromis avec LFI et sa volonté de stopper l’expansion néolibérale, afin de le faire gagner ? Plus intéressant, et plus compatible avec la vision de Lénine :
        – soit LFI parvient à appliquer une partie de son programme, et ça nécessitera obligatoirement des mouvements sociaux gigantesques contre la réaction. Les forces communistes en tireront forcément parti de par leur action et leur vision politique qui se révèlera la plus pertinente aux yeux des classes populaires, et celle à même d’aller encore plus loin dans l’émancipation
        – soit LFI échoue, et la clarification aura eu lieu : seul le communisme permettra de faire chuter le capitalisme, le même type de clarification qu’a permis le quinquennat Hollande qui a prouvé définitivement à une large majorité des électeurs de gauche que le social-libéralisme ne pourra plus jamais être la solution.

        Penser que les “petits pas” étaient une erreur de stratégie chez Lénine, ou penser que les classes populaires et ceux victimes d’autres discriminations pourront tranquillement attendre 5 ans de plus de pouvoir néolibéral ou fasciste est une luxe qu’on ne peut pas se permettre.

  5. Avatar de Brousse
    Brousse

    Cela se discute

  6. Avatar de Vallin
    Vallin

    Je ne crois pas que Mélenchon puisse gagner s’il parvient au 2ème tour.

    1. Avatar de Mansion
      Mansion

      Nous si : les Insoumis, les Verts Populaires, les Communistes Insoumis et tant d’autres…
      Donc laissez nous une chance, retirez Roussel 🙏

      1. Avatar de Lafleur
        Lafleur

        Mansion, je comprends l’objectif : créer une dynamique pour atteindre le second tour. Mais pourquoi faudrait-il pour cela que les communistes s’effacent dès le premier alors que vous aurez besoin d’une dynamique de 2ème tour bien ancré à gauche pour éviter une dérive à droite au pouvoir ?

        Le PCF n’a pas le programme de LFI qui est réformiste et d’accompagnement. La sobriété est le programme du PS, des écologistes et de LFI. Ce n’est pas le plan climat empreinte 2050. Nous n’avons pas la même vision des nationalisations : par exemple sur Arcelor Mittal. Nous voulons développer, LFI veut diviser par deux la production. Nous n’avons pas la même position concernant le front polisario et notre soutien à l’OLP n’est pas partagé par LFI. Etc. Certes, LFI présente le programme réformiste le plus à gauche comparé aux sociaux-démocrates et aux sociaux-libéraux, eux aussi issus du PS de 2008 (cf. Faure, Hollande, etc.)

        Et si une victoire au second tour doit éviter une nouvelle désillusion au pouvoir, il faudra justement un PCF fort pour opposer un front de classe à l’aile libérale de la gauche et peser sur les choix économiques et sociaux.

        On a déjà beaucoup expérimenté le « vote utile » et l’effacement communiste, y compris en 2012 et 2017.

        La question mérite donc d’être posée : dans quel rapport de forces voulons-nous gagner, et pour transformer quoi ?

        C’est peut-être cela qu’il faut laisser une chance de construire.

        Fraternellement et bon courage à vous bien évidemment pour défendre vos idées sociales-radicales populistes dans la campagne.

        Après le front de classe, un rassemblement populaire pour les législatives devra se construire unissant révolutionnaires et réformistes.

  7. Avatar de Jean Haas
    Jean Haas

    Le point 8 était encore plus pertinent en 2022 : on est passé à deux doigts de jeter l’extrême-droite du second tour ! Au lieu de cela, on lui a offert le “titre” de premier opposant à un Président impopulaire comme jamais, et qui n’a été élu qu’en qualité de “barrage contre l’extrême-droite” (et 5 ans après, on constate que le barrage était en fait une écluse, vous savez, ce truc qui sert à se hisser tout doucement au niveau supérieur ! Pendant 5 ans, le RN a monopolisé la parole en qualité d’opposant à Macron, ce qu’il n’est pas, imposant son agenda et surtout ses thématiques. a question n’est plus “Qui sera au 2d tour face à Macron”, mais “qui sera au 2d tour face au RN”
    Beau résultat !

    1. Avatar de Lafleur
      Lafleur

      Cher Jean haas, Cher camarade,

      Tout le monde partage ton constat sur 2022 : la qualification s’est jouée à très peu de voix et le RN a ensuite pu s’installer comme principal opposant à Macron.

      Mais je crois qu’il faut distinguer le constat de la conclusion stratégique. Rien ne permet d’affirmer que les 2,28 % de Fabien Roussel se seraient mécaniquement reportés sur Mélenchon, ni que le même rapport de forces se reproduira en 2027.

      Surtout, l’expérience qui a suivi invite à la prudence sur le « rassemblement » autour de la force la mieux placée. La NUPES n’a pas remporté les législatives de 2022 malgré l’union et la candidature commune dans les circonscriptions de la métropole. En 2024, le NFP n’a pas davantage construit une majorité et, après le second tour, ses candidats se sont retirés dans de nombreuses circonscriptions au profit de candidats macronistes ou de droite pour empêcher le RN d’obtenir des sièges.

      C’est ce fait qui est central rendant le RN, diable de confort de la bourgeoisie libérale jusqu’à présent, comme un débouché cristallisant la colère du monde du travail.

      En effet, dans le même temps, la gauche ne s’est pas réellement installée comme une force cohérente d’opposition à Macron. La compagne de Mélenchon a qualifié Fabien Roussel de Doriot. Mélenchon a mal mené Olivier Faure qui pourtant était en difficulté et pro union. La séquence de 2024 l’a encore montré : tergiversations sur le choix d’un Premier ministre, candidature de Lucie Castets finalement tardive, après les hésitations autour d’Huguette Bello. Et depuis, une partie importante des élus socialistes, voire des écologistes, issus du NFP soutiennent indirectement les gouvernements successifs de centre droit qui votent des budgets de classe. Les conflits publics Mélenchon-Ruffin comme les purges d’Hendrik Davi, d’Alexis Corbières, de Raquel Garrido ou Danièle Simonet, n’aident évidemment pas.

      Je ne dis pas cela pour nier la nécessité de l’unité face au RN. L’enjeu est d’empêcher l’entrer de Jordan Bardella à Matignon pour conduire la politique de la Nation. Et nous n’avons guère de perspectives victorieuses à la Présidentielle.

      Je dis par conséquent que l’unité électorale ne suffit pas à construire une alternative politique. Si nous reproduisons encore le mécanisme qui consiste à demander aux communistes de se ranger derrière la candidature supposée la mieux placée, nous risquons surtout de renforcer une force qui ne sera pas nécessairement en mesure d’incarner durablement l’alternative.

      Enfin en 2021, si les accords de gestion locale ont pu se faire au cas par cas, Jean-Luc Mélenchon et la direction de LFI ont martelé qu’une synthèse nationale artificielle était impossible à l’approche de la présidentielle de 2022 pour plusieurs raisons de fond :
      -La ligne sociale-démocrate et le passif du PS : LFI refusait de s’allier nationalement avec les barons du PS (comme en Occitanie ou en Île-de-France) sans une rupture claire avec les politiques du quinquennat de François Hollande.
      -Le positionnement d’EELV : Mélenchon pointait du doigt les divisions internes d’EELV, distinguant une « aile libérale » incarnée par Yannick Jadot (jugée trop compatible avec le centre) d’une aile plus ancrée à gauche avec Éric Piolle.
      -Les prérogatives nationales majeures : le programme présidentiel exigeait des arbitrages nationaux sur lesquels le PS, EELV et LFI divergent totalement : les traités européens, la planification écologique radicale, la VIe République et la politique internationale.

      Ces points demeurent et nous ne pouvons entrer dans un débat entre l’aile droite de la social-démocratie (Glucksmann) et l’aile gauche de celle-ci (Mélenchon). Nous devons présenter notre programme et peser sur le futur rassemblement populaire.

      La question est donc pour moi : comment reconstruire une force populaire capable de concurrencer l’hégémonie du RN ? C’est là que la candidature de Fabien Roussel peut être utile si elle est approuvée : non pour prendre des voix à la gauche, mais pour reconstruire un rapport de forces communiste autour du travail, de l’industrie, des services publics, de la maîtrise de l’économie et du pouvoir des salariés.

      Nous pouvons mener cette bataille tout en recherchant les convergences nécessaires pour battre l’extrême droite. L’autonomie communiste et le rassemblement ne sont pas contradictoires. Au contraire, il nous faut reconstruire une force suffisamment solide pour que le rassemblement de demain ne se fasse plus sans nous.

      Fraternellement.

      1. Avatar de Nicolas
        Nicolas

        La stratégie de “rassemblement de la gauche du NPA au PS” est une impasse.
        Pas du tout de la faute du PC, si ce rassemblement avait une quelconque cohérence, le PC aurait eu toute légitimité pour l’incarner et le mener.
        Mais les clarifications se sont faites.
        Les directions des partis de gauche étaient devenus un attelage trop hétérogène pour qu’un tel rassemblement soit un outil politique utile pour le peuple : l’évolution libérale du PS lui a fait franchir trop de lignes rouges sociales pour en faire un partenaire fiable et utile, et une aile libérale chez les Verts plombent leur vrai potentiel de rupture.
        Il existe depuis ces clarifications (et d’autres ont été faites à droite) 3 blocs :
        – un bloc égalitaire extrême-gauche – PC – LFI – aile gauche des Écolos
        – un bloc libéral Jadot-Hollande-Macron-Philippe
        -un bloc identitaire néofasciste Ciotti-Retailleau-Zemmour-RN

        Toute tentative nostalgique de “sauver le soldat libéral PS” pour viser un rassemblement les incluant n’amène que de la confusion auprès des classes populaires.
        Aucune chance de paraître cohérent en présentant une vision communiste, ni même une simple vision anti-libérale, si on doit expliquer faire l’union avec le quinquennat Hollande et les trahisons PS du NFP (le non-vote des censures en étant le point d’orgue).

        Fraternellement

  8. Avatar de CHARLES Jean-Pierre
    CHARLES Jean-Pierre

    Entièrement d’accord avec cette analyse. Il reste une difficulté (pas la seule, sans doute) : Comment convaincre d’aller voter dès le premier tour les déçus de ne pas se voir proposer un bulletin 100% PCF ?

  9. Avatar de Camilleri
    Camilleri

    Il est illusoire de croire que Melanchon peut gagner au 2eme tour. Il nous mènera tout droit a l extrême droite. Oui a une alliance Lfi mais sans Melanchon . Pour moi c est tres clair.lui même a dit qu il n avait pas besoin des communistes.c est un type autoritaire et dangereux.
    Enfin pourquoi pas une alliance des gauches au 1er tour. ?? Regardons l exemple des législatives un front de gauche doit être possible . Bougez vous les communistes ,montrez l exemple, rassemblez, négociez, soyez a l origine de ce rassemblement

    1. Avatar de Lafleur
      Lafleur

      Le PCF défend l’option d’un rassemblement populaire démocratique pour les élections législatives. Pour la présidentielle, c’est déjà un front de classe des producteurs ; particulièrement pour défendre la planification et le plan climat Empreinte 2050.

  10. Avatar de Uzan Rémi
    Uzan Rémi

    Pourquoi ne pas désigner nommément LFI? Et pourquoi penser, alors que les soc-dem n’ont pas désigné leur candidat, que seule LFI peut se qualifier au second tour? En outre rien ne dit que les voix communistes, dans l’hypothèse d’un retrait de Roussel, iraient à LFI. Enfin LFI, vu le rapport de force gauche-droite et la détestation de Mélenchon par beaucoup, est-elle le meilleur rempart à Le Pen?

  11. Avatar de mazars michel
    mazars michel

    pour ma part je vote non a la candidature de fabien roussel , je ne me sent pas impliqué par des convergences avec bernard cazeneuve et dominique de villepin responsable de la privatisation des autoroutes , seul doit l emporte la defense du prolétariat
    la politique de la pince a linge non merci

    1. Avatar de Lafleur
      Lafleur

      Cher Michel Mazars, Cher camarade,

      Je comprends ton refus de la « politique de la pince à linge » et je partage évidemment ton exigence : la défense du prolétariat doit rester au cœur de notre stratégie. Mais justement, l’exemple des autoroutes mérite que l’on regarde précisément l’histoire. La privatisation ne commence pas avec Dominique de Villepin en 2005. Le processus est engagé sous le gouvernement de Lionel Jospin : en 2001, Laurent Fabius, alors ministre de l’Économie, décide l’ouverture du capital d’ASF, qui est introduite en Bourse en mars 2002 à hauteur de 49 %. Jean-Claude Gayssot, ministre communiste des Transports, s’y était opposé.

      Le processus se poursuit ensuite sous les gouvernements Raffarin, avec l’ouverture du capital puis la privatisation d’APRR et de Sanef. En 2005, le gouvernement de Dominique de Villepin décide finalement la cession des participations publiques restantes dans les sociétés concessionnaires, opération achevée en 2006.

      Cette chronologie est importante : elle montre que la question ne peut pas être réduite à une opposition entre une gauche qui aurait toujours défendu les intérêts populaires et une droite qui les aurait toujours combattus. Le PS de 2002 est responsable et pouvait mettre en minorité le PCF sur de tels choix. Aucune opposition de Jean-Luc Mélenchon. Il n’a pas quitté le PS sur ce sujet. Il a pleuré l’échec de Jospin. Des choix de libéralisation ont donc été engagés par des gouvernements de gauche comme de droite, et les communistes eux-mêmes ont pu s’y opposer lorsqu’ils participaient au gouvernement, comme Gayssot l’a fait sur ASF.

      Et il y a une autre leçon à tirer : aujourd’hui, le PCF comme LFI défendent la renationalisation des autoroutes. Nous pouvons donc avoir une convergence très concrète sur cette question sans pour autant avoir la même stratégie politique.

      C’est précisément pourquoi je ne confonds pas rassemblement et alignement.

      Défendre le prolétariat, ce n’est pas seulement identifier les bonnes propositions : c’est construire la force organisée capable de les imposer, y compris lorsque nos partenaires ne partagent pas nos choix. Par exemple, la sobriété proposée par LFI est antagonique à la planification écologique du Plan Climat Empreinte 2050.

      Pour moi, la candidature communiste doit servir à cela : reconstruire un rapport de forces de classe, dans l’intérêt du prolétariat, sans renoncer aux convergences nécessaires avec les autres forces populaires. Ni isolement, ni ralliement.

      Fraternellement.

  12. Avatar de Gérard Loeuilliette
    Gérard Loeuilliette

    Plutôt d’accord avec le raisonnement. Pour moi c’est clair depuis des années après avoir pris mes distance avec mon ancien parti, LFI symbolise å la fois une ligne radicale et de rassemblement. Le maintient, en 2022, de la candidature communiste, à laissé la place au RN Le Pen au 2ieme tour plutôt qu’à la gauche avec une dominante radicale…Cette fois, prendre le risque de permettre au RN, d’acceder au pouvoir, le Parti ne s’en releverait pas. Il a, par contre, tout intérêt à participer et placer la gauche la plus solide et unitaire en tête et ainsi prouver son utilité historique.

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Lettre d'info

21 réflexions au sujet de “2027 : 10 raisons de ne pas s’enfermer dans une candidature communiste”

  1. Cher Gérard Loeuilliette, Cher camarade,

    Je comprends ton raisonnement, mais je crois qu’il faut justement dépasser le seul résultat de 2022 et regarder ce qui s’est passé ensuite.

    En 2022, Mélenchon était effectivement à 21,95 %, tout près de Marine Le Pen. Mais cela ne suffit pas à démontrer que maintenir la candidature communiste a « laissé la place » au RN. Les 2,28 % de Fabien Roussel ne se seraient pas mécaniquement reportés sur Mélenchon, et surtout, il faut regarder ce que la stratégie de rassemblement autour de LFI a produit depuis de la NUPES de 2022 au NFP de 2024.

    La NUPES n’a pas remporté les législatives de 2022. Le NFP n’a pas davantage permis de construire une majorité en 2024 et, au second tour, ses candidats se sont parfois retirés au profit de candidats macronistes ou de droite pour empêcher le RN de gagner quelques sièges. Surtout, la gauche n’a pas réussi depuis 2022 à s’imposer durablement comme une force d’opposition cohérente à Macron.

    Les plus unitaires au sein de LFI ont été purgés en 2024, Henrik Davi de la GES ou encore les vieux briscards mélenchonistes issus du PG : Corbière, Garrido, Simonet. De même Clémentine Autain ou l’ancienne député Pascale Martin ont été sorties. Cela rappelle les précédents départs de Charlotte Girard ou encore de François Coq ainsi que précédemment de Marc Dolez, co-fondateur du PG, et de nombreux autres.

    Je pense donc qu’il faut poser une question plus fondamentale : quel bloc social voulons-nous construire ? LFI a certes une implantation réelle dans une partie des classes populaires, notamment dans les quartiers, mais sa conception politique repose sur une « révolution citoyenne » et cherche à agréger classes populaires, classes moyennes et une grande diversité de catégories sociales. Son cœur est les classes intermédiaires intellectuelles déclassées et précarisées de la jeunesse. C’est donc des personnes qui auraient été au PS avant 2008, les sociaux radicaux ; pas des communistes. C’est une stratégie respectable, mais ce n’est pas la même chose que construire un front de classe fondé sur le monde du travail et les producteurs. Les textes de LFI eux-mêmes parlent d’ailleurs de « classes populaires et moyennes ». Le populisme n’est pas le marxisme. LFI est un mouvement pas un parti de classe.

    Pour moi, la transformation sociale ne peut pas être réduite à une révolution institutionnelle ou citoyenne. Elle suppose de s’attaquer aux rapports de production, à la propriété du capital, au pouvoir dans l’entreprise et à la maîtrise collective de l’économie. C’est pourquoi, sincèrement, je ne pense pas que notre responsabilité historique soit de mettre notre force au service de la candidature jugée la mieux placée. Elle est de reconstruire une force communiste, dès à présent, capable de reconquérir le monde du travail et de contribuer ensuite à un rassemblement populaire démocratique sur une base de classe pour vaincre la fascisation.

    Nous devons évidemment tout faire pour battre le RN. Mais je ne suis pas convaincu que nous le ferons durablement en nous effaçant derrière une autre force. Au contraire, si nous voulons que la gauche puisse demain incarner une véritable alternative, il faut qu’elle retrouve une colonne vertébrale populaire et de classe.

    C’est tout le sens pour moi de la candidature du PCF en 2027 : non pas diviser pour diviser, mais reconstruire pour pouvoir ensuite rassembler sur des bases solides.

    Fraternellement.

    Répondre
  2. Je suis de Belgique. La présidentielle française me parait un piège hypnotisant, proposant des “champions” en dehors de tout contenu, de tout contrat avec l’électeur. Dans une démocratie obligeant à un compromis entre deux camps (comme chez nous), un compromis très précis indique ce qui va être sans doute fait. Bien sûr la politique est faite de surprises dans l’agenda. Chez nous, on se trouve de manière inattendue avec un gouvernement libéral sans compromis équilibré, et l’austérité est soudain le seul programme et les promesses sont oubliées.
    Il faut remarquer que vous terminez une période politique effroyable, de gouvernement minoritaire, régnant par défaut de coalition des oppositions. Avec donc un rejet profond de cette politique-spectacle. Il faut la reconnaître et la considérer dans les enjeux.
    Il faut parler stratégie. Et cela porte tant sur la présidentielle que sur les élections parlementaires, bataille aussi importante.
    Comme le dit J H ci-dessus, “La question n’est plus “Qui sera au 2d tour face à Macron”, mais “qui sera au 2d tour face au RN”. Et il faut considérer que si c’est JLM, une large part de la bourgeoisie préférera voter RN. Dès lors, il faut envisager de voter pour le candidat de droite (Philippe, en principe), car il n’y a pas de candidat du centre-gauche qui soit préférable (une option de type Nupes ou NFP a été rendue impossible). Et envisager un quinquennat de cette droite, et se demander ce que nous pouvons influer pour … nos luttes.
    (On ne peut exclure par exemple une candidature PS qui annonce un futur compromis avec la droite).Dès lors, on ne peut exclure une abstention de la gauche au 2e tour… mais aussi une lutte pour devoir voter à droite contre le RN !
    Voilà le contexte qui commande à la question stratégique. Et ma première impression est que cette élection va atomiser les forces de gauche, tout le monde accusant tout le monde d’être la cause de défaite. Et cette débacle sera terrible… pour les élections parlementaires qui renforceront une majorité de droite. Or un fort camp de députés de gauche est important, et donc vous aurez besoin d’unité locale… dès maintenant ! Toute autre attitude, c’est… jouer perdant.
    Enfin n’oubliez pas que l’essentiel est ailleurs. Le mécontentement social ne peut que s’accroitre, et il faut lui donner une perspective. (Selon moi, en bref,
    une perspective “rouge-verte”, qui n’a reçue encore aucune consistance sérieuse) Et redonner confiance dans la lutte sociale et politique.

    Répondre
  3. Camarades d’Alternative Communiste,

    Merci pour votre contribution au débat en prévision du vote des 3,4,5 et 6 septembre. Permettez moi de vous y répondre fraternellement comme communiste. Je partage votre préoccupation première : face au danger de l’extrême droite, nous devons rechercher l’unité d’action et construire le rassemblement populaire le plus large. Mais je ne partage pas la stratégie que vous en déduisez. Je veux donc répondre directement à vos dix points.

    1. « Avoir une ligne communiste ne signifie pas nécessairement avoir un candidat. »
    Certes. Une candidature n’est pas une fin en soi. Mais l’autonomie politique ne peut pas davantage se réduire à quelques idées communistes que l’on chercherait à faire valoir dans la campagne d’un autre. L’éclatement du PS depuis 2018 en trois pôle engendre de la confusion et un débat sur des tactiques étrangères à la transformation communiste : le pôle social-libéral d’Attal et Glucksman, le pôle social-démocrate de Faure et Tondelier, le pôle radical-social de Mélenchon. C’est trois pôles ne sont pas communistes et n’ont pas le socialisme comme projet ou comme objectif ; ils veulent aménager le système. La question est : quelle candidature permet de reconstruire un rapport de forces communiste ?

    2. Les 2,28 % de 2022.
    C’est un résultat insuffisant, qu’il faut analyser sans complaisance.

    Mais pourquoi en déduire qu’une nouvelle candidature reproduirait nécessairement ce résultat ? Cette campagne a aussi été sabotée en interne. Et une campagne n’est pas la répétition mécanique d’une précédente. Elle peut remobiliser, convaincre et reconstruire.

    3. « Regardons notre situation en face. »
    Justement. Notre faiblesse dans les entreprises, les quartiers populaires et les élections nationales devrait nous conduire à reconstruire notre implantation, pas à considérer cette faiblesse comme une raison supplémentaire de nous effacer. Au contraire. Le rapport de forces est une donnée ; notre stratégie doit avoir pour objectif de le modifier.

    4. L’unité de la gauche au premier tour.
    Il ne faut pas transformer ce constat en théorie des gauches irréconciliables. Nous pouvons défendre une candidature communiste et travailler simultanément à l’unité d’action.

    Autonomie et rassemblement ne sont pas contradictoires. Pour une victoire au deuxième tour par la gauche, c’est indispensable. Pensez à 1981. Sans dynamique à gauche, le deuxième tour sera des appels aux sociaux-libéraux et aux conservateurs pour l’emporter. Ce sera réduire l’avenir en commun, comme l’a fait la NUPES – qui pointait des divergences – et plus encore le NFP. L’avenir en commun de LFI serait donc tiré encore plus vers la droite.

    Enfin, soyez honnête, l’avenir en commun plus l’électricité (pour citer Lénine), c’est Fabien Roussel qui le défend avec le plan climat élaboré en 2023 par la commission écologie.

    5. « Qui peut franchir le premier tour ? »
    Vous répondez : la gauche radicale, donc en pratique LFI. Mais c’est ici que s’opère le glissement stratégique. Reconnaître que LFI est aujourd’hui mieux placée électoralement est un constat. En conclure que les communistes doivent éviter de lui prendre des voix, c’est déjà subordonner notre stratégie à la sienne. Rien ne garantit d’ailleurs qu’un transfert mécanique de voix communistes suffirait à résoudre la question de la qualification.

    Les échecs de Jean-Luc Mélenchon en 2017 et 2022 le prouvent.

    6. « Ne pas présenter de candidat communiste ne signifie pas renoncer à notre spécificité. »
    Mais comment reconstruire durablement cette spécificité si nous renonçons précisément à la mettre en débat national ? Le travail, la propriété, les rapports de production, les pouvoirs des salariés, l’industrie, la planification et les services publics ne sont pas des amendements à apporter à la campagne d’une autre force. Ils constituent une conception globale de la transformation sociale. Le programme du PCF plus offensif que l’AEC.

    7. Premier tour de rapport de forces, second tour de rassemblement.
    Je partage l’idée qu’il faut penser les deux tours différemment. Mais votre raisonnement enferme le premier tour dans une logique de qualification d’un candidat déjà installé.

    Je propose autre chose : faire de la présidentielle un moment de construction d’un front de classes des producteurs, puis des législatives celui d’un Rassemblement populaire démocratique, ouvert aux autres forces de gauche, aux syndicats, aux associations et aux citoyens. La gauche n’a pas vocation à se corneriser et à se limiter à du keynésianisme.

    8. Le danger de l’extrême droite.
    Il est réel et doit guider notre stratégie. Mais battre durablement l’extrême droite ne consiste pas seulement à empêcher qu’elle gagne une élection. Il faut reconstruire une alternative de classe auprès de celles et ceux qu’elle capte aujourd’hui.

    Renoncer à cette bataille au nom de quelques pourcents hypothétiques, c’est risquer de traiter le symptôme sans reconstruire le rapport de forces qui permet de le combattre.

    Depuis 2002, le FN puis le RN est un diable de confort. Jean-Luc Mélenchon le déclarant bien en 2010. Il dénonçait aussi le vote utile sur pression des sondages. Il écrivait : «Madame Le Pen, comme son père est une diablesse de confort au service du système. Elle fonctionne comme la clef de contact qui met en route la machinerie du « vote utile », talisman électoral de l’UMP et du PS. Grâce à elle, et à ses provocations à deux balles, rien ne changera jamais». Il précisait alors : «L’UMP peut sauter comme un cabri et jouer la peur d’une élimination au deuxième tour en cas de dispersion des voix. Et le PS de même ! Pas besoin de programme, pas besoin de débats, pas de démonstrations, juste de la trouille et de l’injonction culpabilisante. Madame Le Pen est un agent au service du vote contraint pour l’UMP ou le PS». Aujourd’hui, une candidature libérale et sa candidature populiste.

    9. Le Front populaire.
    L’histoire de 1936 ne nous enseigne pas que les communistes doivent s’effacer pour permettre le rassemblement.

    Elle montre au contraire qu’une organisation communiste forte, autonome et organisée peut participer à un rassemblement beaucoup plus large sans abandonner son identité ni sa perspective. L’autonomie communiste n’est pas l’obstacle au rassemblement : elle en est une condition de force. Nous devons tirer vers la gauche, la classe, nos partenaires, comme en 1936 en arrimant autant que possible à l’époque la SFIO et le Parti Radical-Socialiste.

    10. « Notre ambition doit être plus grande que compter nos voix. »
    Je suis entièrement d’accord. Mais précisément : notre ambition doit être de reconstruire une force communiste capable de peser sur le réel. Faire de la qualification de LFI l’objectif stratégique du premier tour ne construit pas cette force ; cela risque au contraire de renforcer l’hégémonie d’une organisation dont vous avez vous-mêmes souligné le danger.

    Jean-Luc Mélenchon prétendra que le score est le sien. Nous renforcerons le présidentialisme et l’égo-politique. Ce n’est pas notre conception de la démocratie.

    C’est là, pour moi, la contradiction fondamentale de votre démarche : vous voulez reconstruire l’autonomie communiste tout en demandant aux communistes de subordonner leur expression présidentielle à la qualification d’une autre force. Ce n’est plus seulement une question de candidature ; c’est une conception différente de l’autonomie.

    LFI est une force avec laquelle nous devons travailler chaque fois que cela permet l’unité d’action. Mais elle n’est ni communiste ni porteuse d’une perspective socialiste.

    Sa matrice relève davantage d’un radical-socialisme contemporain, avec une forte dimension populiste. Nous pouvons donc rechercher le rassemblement sans faire de sa candidature notre horizon stratégique. Nous devons créer une hégémonie au sens de Gramsci, en vue d’une alliance de classe claire, à partir d’un front de classe pour envisager ensuite, comme en 36, un rassemblement populaire avec les formations réformistes.

    Si les communistes décident majoritairement en septembre de soutenir Fabien Roussel, cette décision devra devenir un mandat militant : débat libre avant le vote, responsabilité collective après. Chacun pourra continuer à défendre ses analyses ; mais la décision collective devra être mise en œuvre, ce qui signifie faire campagne, travailler à l’unité d’action et combattre ensemble l’extrême droite — pas mener une campagne concurrente ni organiser le départ du Parti ou d’une fraction du Parti vers LFI. L’influence des communistes insoumis de Francis Parny est faible, comparée aux organisations trotskistes du NPA-A ou encore du POI, voire du PCR ; et les soutiens actuels de l’OCF ou encore de l’URC laisse entendre qu’il y aura des déçus. Mélenchon sortira probablement de l’ambiguïté vers sa droite, ayant besoin des partis de gauche bourgeois, voire de la bourgeoisie ; si le PCF n’a pas pu constituer un front de classe sur des bases productives solidaires et claires.

    Je ne veux pas d’un PCF réduit à l’appoint électoral d’une autre force et qui subordonne ses propres objectifs politiques démocratiquement délibérés. Je veux un Parti communiste autonome, organisé et conquérant : un front de classes des producteurs à la présidentielle, un rassemblement populaire démocratique aux législatives. C’est à cette condition que nous pourrons à la fois reconstruire le Parti, rassembler le peuple et conquérir le pouvoir.

    Fraternellement,

    Répondre
    • Merci pour ta réponse argumentée, camarade, mais… pourquoi toute cette stratégie n’a-t-elle pas été mise en place pendant les longues périodes entre les élections, et ce depuis 2018 ?
      Le PC de Fabien Roussel est manifestement vu aujourd’hui comme “à droite de LFI” par les classes populaires, alors que le PC devrait être l’alternative à gauche de LFI.
      Il faut lancer le travail pour parvenir à relancer une alternative communiste qui reconquiert les classes populaires. Mais dans le moment politique immédiat, une direction du PC, perçue comme frileuse sur l’anti-racisme et “droitière” (à cause des erreurs médiatiques du type “contre la France des allocs”), qui empêcherait la gauche radicale LFI de se qualifier pour le second tour, se mettra à dos les classes populaires et rendra plus compliquée et longue la renaissance nécessaire d’un pôle communiste puissant et influent.

      Le moment politique n’est pas si compliqué.
      Aujourd’hui LFI a réussi à convaincre un grand nombre d’électeurs qu’il représentait la gauche radicale et égalitaire. À juste titre ou non, ce n’est pas la question. La bonne manière de convaincre le peuple des idées communistes n’est définitivement pas d’empêcher LFI de gagner les élections, mais :
      – de créer le rapport de force social après la victoire de LFI pour permettre les mesures allant dans le bon sens (sans grave de la CGT et du PC, le gvt du Front Populaire de Blum n’aurait jamais rien voté de positif)
      – sur cette base de légitimité sociale, acquise dans la lutte par un pôle communiste redevenu influent auprès des classes populaires, et sur cette base seulement reviendront les succès électoraux, les classes populaires s’apercevoir matériellement des limites d’un programme comme l’AEC et du besoin d’un programme communiste.

      Penser que l’influence du communisme sera plus simple à développer si le pays reste gouverné par les libéraux ou les fascistes est une impasse intellectuelle, et tourne le dos au marxisme et à Lénine.

      Fraternellement

      Répondre
  4. puis-je en ajouter un 11ème ?
    le programme de transformation est connu et souhaitable, en bonne partie,
    telle une astuce pour faciliter une épreuve,
    ‘ou une concoction médicinale à base de plantes pour soulager des maux manifestes.
    A peine trouvé, à peine perdue, les communistes devront souffler eux aussi, sur le feu de l’insoumission, à l’aune de transformations sociétales majeures,
    et les anarchistes, les écologistes, les femmes, féministes ou pas, les pauvres et les perdants magnifiques, les bons élèves et les autres, les vieux et les autres, les fous, les musiciens, les artistes de toutes les couleurs, les scientifiques, les timides et les comédien.nes, les services publics, pas les autres, les sans-papier, les vagabonds, les migrants et les autres sédentaires motorisés,
    toustes devrons tenir la vague, debout, émancipé.es des peurs légitimes, solidaires et libres dans l’adversité brutale des vents géopoliclimatiques et des marées brunes,
    bien arrimés à la fleur du bout du fusil, nous serons vigilants et préparés autour de la demi, déter et triophants, au final.
    Mélenchon 2027,
    pour avoir des raisons de lutter en paix

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    • Cher Vincent Michaud, Cher camarade,

      Bien sûr que tu peux en ajouter un onzième, et je le prends au sérieux, même si je t’avoue avoir dû reprendre mon souffle en arrivant au bout de ta phrase ! 😊

      Sur le fond, je crois que nous partageons une conviction essentielle : la transformation sociale ne peut pas se résumer à un programme électoral. Elle doit permettre à toutes celles et tous ceux qui subissent les dominations, les inégalités, les discriminations et les effets des bouleversements écologiques et géopolitiques de devenir pleinement acteurs de leur émancipation.

      Là où je crois que nous divergeons, c’est sur la manière de transformer cette aspiration en force politique capable de gagner et surtout de transformer durablement la société.

      La longue énumération de toutes celles et ceux qu’il faudrait rassembler montre justement la difficulté : une addition de colères, de combats et de sensibilités ne constitue pas automatiquement un sujet politique commun. Pour nous communistes, la question reste donc celle du rapport de forces. Qui organise ? Sur quelle base sociale ? Autour de quels intérêts communs ? Et comment faire de cette diversité une force capable de s’attaquer au pouvoir du capital ?

      C’est précisément pour cela que je ne crois pas que la candidature de Mélenchon soit une réponse suffisante à cette question.

      Nous pouvons naturellement travailler avec les insoumis, les écologistes, ceux de l’après ou de generation.s, les interorga féministes, les associations citoyennes, les syndicats, les citoyens engagés et toutes celles et ceux qui veulent combattre l’extrême droite et transformer la société. Mais le rassemblement ne dispense pas de construire une force communiste. Au contraire, il lui faut un point d’appui.

      Je pense même que ton commentaire donne involontairement un argument à la candidature communiste. Si nous voulons que tous ces combats ne restent pas juxtaposés, il faut travailler à leur convergence autour d’une transformation réelle des rapports de pouvoir. Et cette question nous ramène au travail, à la propriété, à la maîtrise collective de l’économie, aux pouvoirs des salariés, aux services publics, à l’industrie, à la planification et à la capacité démocratique de décider.

      Ce n’est pas opposer la classe aux autres combats. C’est chercher ce qui permet de les relier à une transformation structurelle de la société.

      Je ne pense donc pas que nous ayons à choisir entre l’émancipation portée par la diversité des mouvements sociaux et la reconstruction communiste.

      Nous devons faire les deux.

      C’est précisément le sens que je donne à l’autonomie communiste : être capable de construire notre propre force tout en recherchant partout les convergences nécessaires. Et c’est là que la présidentielle peut être utile. Non pas pour « compter nos voix », ni même pour satisfaire un besoin identitaire, mais pour mettre en débat une autre conception de la transformation sociale, organiser celles et ceux qui peuvent la porter et commencer à reconstruire un rapport de forces.

      Je comprends parfaitement que tu puisses considérer que Jean-Luc Mélenchon est aujourd’hui mieux placé pour porter une partie de ces aspirations.

      Mais je ne pense pas que nous devions en déduire que les communistes doivent lui laisser l’espace politique. Sinon, nous risquons de confondre rassemblement du peuple et hégémonie d’une autre force politique. Sur la dette, par exemple, LFI cherche prioritairement à libérer l’État de la contrainte financière et européenne et son programme s’y borne ; le PCF veut utiliser cette rupture pour conquérir progressivement le pouvoir sur l’argent, le crédit, l’investissement et la production.
      La question devient alors : non seulement comment sortir de la camisole, mais qui tient les clés une fois qu’on l’a retirée, et selon quels critères on utilise la puissance économique ainsi libérée. Cette rupture doit être présentée ; sinon nous laissons le débat sur des modalités d’aménagement qui vont à Glucksmann et aussi à Pigasse.

      Et, je ne crois pas que le problème soit de savoir si nous serons « bien arrimés à la fleur du bout du fusil », même si la formule est belle, mais bien de savoir qui tient le gouvernail, avec quel projet, quelle organisation et quel rapport de forces.

      Pour ma part, je préfère donc que les communistes soient présents dans cette bataille avec leur propre candidature, leur propre projet et leur propre organisation, tout en tendant la main à toutes les forces disponibles pour combattre l’extrême droite et ouvrir ensemble et dans la clarification une perspective de transformation.

      Nous pouvons nous retrouver dans la lutte sans renoncer à chercher ensemble ce qui manque aujourd’hui le plus à notre camp : une force populaire organisée, consciente de ses intérêts et capable de conquérir durablement le pouvoir.

      Fraternellement.

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      • Tout à fait d’accord pour le rapport de force, mais le plus important : celui contre la bourgeoisie capitaliste.
        Il n’y a aucun moyen de convaincre les classes populaires de l’importance de l’action communiste, s’il leur paraît qu’elle s’exerce contre LFI sur cette séquence politique actuelle, et que le résultat paraisse être son élimination au 1er tour. Il faudra attendre une longue période pour que cela s’oublie, ce qui fera perdre du temps.

        “Il faut savoir faire 1 pas en arrière pour faire 2 pas en avant” disait Lénine, en parlant de temporairement accepter un compromis avec les mencheviks pour au final accéder au pouvoir.
        Je comprends tout à fait ton hésitation : quel niveau de compromis est acceptable ?
        Un compromis avec un PS devenu libéral ? Jamais.
        Un compromis avec LFI et sa volonté de stopper l’expansion néolibérale, afin de le faire gagner ? Plus intéressant, et plus compatible avec la vision de Lénine :
        – soit LFI parvient à appliquer une partie de son programme, et ça nécessitera obligatoirement des mouvements sociaux gigantesques contre la réaction. Les forces communistes en tireront forcément parti de par leur action et leur vision politique qui se révèlera la plus pertinente aux yeux des classes populaires, et celle à même d’aller encore plus loin dans l’émancipation
        – soit LFI échoue, et la clarification aura eu lieu : seul le communisme permettra de faire chuter le capitalisme, le même type de clarification qu’a permis le quinquennat Hollande qui a prouvé définitivement à une large majorité des électeurs de gauche que le social-libéralisme ne pourra plus jamais être la solution.

        Penser que les “petits pas” étaient une erreur de stratégie chez Lénine, ou penser que les classes populaires et ceux victimes d’autres discriminations pourront tranquillement attendre 5 ans de plus de pouvoir néolibéral ou fasciste est une luxe qu’on ne peut pas se permettre.

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    • Nous si : les Insoumis, les Verts Populaires, les Communistes Insoumis et tant d’autres…
      Donc laissez nous une chance, retirez Roussel 🙏

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      • Mansion, je comprends l’objectif : créer une dynamique pour atteindre le second tour. Mais pourquoi faudrait-il pour cela que les communistes s’effacent dès le premier alors que vous aurez besoin d’une dynamique de 2ème tour bien ancré à gauche pour éviter une dérive à droite au pouvoir ?

        Le PCF n’a pas le programme de LFI qui est réformiste et d’accompagnement. La sobriété est le programme du PS, des écologistes et de LFI. Ce n’est pas le plan climat empreinte 2050. Nous n’avons pas la même vision des nationalisations : par exemple sur Arcelor Mittal. Nous voulons développer, LFI veut diviser par deux la production. Nous n’avons pas la même position concernant le front polisario et notre soutien à l’OLP n’est pas partagé par LFI. Etc. Certes, LFI présente le programme réformiste le plus à gauche comparé aux sociaux-démocrates et aux sociaux-libéraux, eux aussi issus du PS de 2008 (cf. Faure, Hollande, etc.)

        Et si une victoire au second tour doit éviter une nouvelle désillusion au pouvoir, il faudra justement un PCF fort pour opposer un front de classe à l’aile libérale de la gauche et peser sur les choix économiques et sociaux.

        On a déjà beaucoup expérimenté le « vote utile » et l’effacement communiste, y compris en 2012 et 2017.

        La question mérite donc d’être posée : dans quel rapport de forces voulons-nous gagner, et pour transformer quoi ?

        C’est peut-être cela qu’il faut laisser une chance de construire.

        Fraternellement et bon courage à vous bien évidemment pour défendre vos idées sociales-radicales populistes dans la campagne.

        Après le front de classe, un rassemblement populaire pour les législatives devra se construire unissant révolutionnaires et réformistes.

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  5. Le point 8 était encore plus pertinent en 2022 : on est passé à deux doigts de jeter l’extrême-droite du second tour ! Au lieu de cela, on lui a offert le “titre” de premier opposant à un Président impopulaire comme jamais, et qui n’a été élu qu’en qualité de “barrage contre l’extrême-droite” (et 5 ans après, on constate que le barrage était en fait une écluse, vous savez, ce truc qui sert à se hisser tout doucement au niveau supérieur ! Pendant 5 ans, le RN a monopolisé la parole en qualité d’opposant à Macron, ce qu’il n’est pas, imposant son agenda et surtout ses thématiques. a question n’est plus “Qui sera au 2d tour face à Macron”, mais “qui sera au 2d tour face au RN”
    Beau résultat !

    Répondre
    • Cher Jean haas, Cher camarade,

      Tout le monde partage ton constat sur 2022 : la qualification s’est jouée à très peu de voix et le RN a ensuite pu s’installer comme principal opposant à Macron.

      Mais je crois qu’il faut distinguer le constat de la conclusion stratégique. Rien ne permet d’affirmer que les 2,28 % de Fabien Roussel se seraient mécaniquement reportés sur Mélenchon, ni que le même rapport de forces se reproduira en 2027.

      Surtout, l’expérience qui a suivi invite à la prudence sur le « rassemblement » autour de la force la mieux placée. La NUPES n’a pas remporté les législatives de 2022 malgré l’union et la candidature commune dans les circonscriptions de la métropole. En 2024, le NFP n’a pas davantage construit une majorité et, après le second tour, ses candidats se sont retirés dans de nombreuses circonscriptions au profit de candidats macronistes ou de droite pour empêcher le RN d’obtenir des sièges.

      C’est ce fait qui est central rendant le RN, diable de confort de la bourgeoisie libérale jusqu’à présent, comme un débouché cristallisant la colère du monde du travail.

      En effet, dans le même temps, la gauche ne s’est pas réellement installée comme une force cohérente d’opposition à Macron. La compagne de Mélenchon a qualifié Fabien Roussel de Doriot. Mélenchon a mal mené Olivier Faure qui pourtant était en difficulté et pro union. La séquence de 2024 l’a encore montré : tergiversations sur le choix d’un Premier ministre, candidature de Lucie Castets finalement tardive, après les hésitations autour d’Huguette Bello. Et depuis, une partie importante des élus socialistes, voire des écologistes, issus du NFP soutiennent indirectement les gouvernements successifs de centre droit qui votent des budgets de classe. Les conflits publics Mélenchon-Ruffin comme les purges d’Hendrik Davi, d’Alexis Corbières, de Raquel Garrido ou Danièle Simonet, n’aident évidemment pas.

      Je ne dis pas cela pour nier la nécessité de l’unité face au RN. L’enjeu est d’empêcher l’entrer de Jordan Bardella à Matignon pour conduire la politique de la Nation. Et nous n’avons guère de perspectives victorieuses à la Présidentielle.

      Je dis par conséquent que l’unité électorale ne suffit pas à construire une alternative politique. Si nous reproduisons encore le mécanisme qui consiste à demander aux communistes de se ranger derrière la candidature supposée la mieux placée, nous risquons surtout de renforcer une force qui ne sera pas nécessairement en mesure d’incarner durablement l’alternative.

      Enfin en 2021, si les accords de gestion locale ont pu se faire au cas par cas, Jean-Luc Mélenchon et la direction de LFI ont martelé qu’une synthèse nationale artificielle était impossible à l’approche de la présidentielle de 2022 pour plusieurs raisons de fond :
      -La ligne sociale-démocrate et le passif du PS : LFI refusait de s’allier nationalement avec les barons du PS (comme en Occitanie ou en Île-de-France) sans une rupture claire avec les politiques du quinquennat de François Hollande.
      -Le positionnement d’EELV : Mélenchon pointait du doigt les divisions internes d’EELV, distinguant une « aile libérale » incarnée par Yannick Jadot (jugée trop compatible avec le centre) d’une aile plus ancrée à gauche avec Éric Piolle.
      -Les prérogatives nationales majeures : le programme présidentiel exigeait des arbitrages nationaux sur lesquels le PS, EELV et LFI divergent totalement : les traités européens, la planification écologique radicale, la VIe République et la politique internationale.

      Ces points demeurent et nous ne pouvons entrer dans un débat entre l’aile droite de la social-démocratie (Glucksmann) et l’aile gauche de celle-ci (Mélenchon). Nous devons présenter notre programme et peser sur le futur rassemblement populaire.

      La question est donc pour moi : comment reconstruire une force populaire capable de concurrencer l’hégémonie du RN ? C’est là que la candidature de Fabien Roussel peut être utile si elle est approuvée : non pour prendre des voix à la gauche, mais pour reconstruire un rapport de forces communiste autour du travail, de l’industrie, des services publics, de la maîtrise de l’économie et du pouvoir des salariés.

      Nous pouvons mener cette bataille tout en recherchant les convergences nécessaires pour battre l’extrême droite. L’autonomie communiste et le rassemblement ne sont pas contradictoires. Au contraire, il nous faut reconstruire une force suffisamment solide pour que le rassemblement de demain ne se fasse plus sans nous.

      Fraternellement.

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      • La stratégie de “rassemblement de la gauche du NPA au PS” est une impasse.
        Pas du tout de la faute du PC, si ce rassemblement avait une quelconque cohérence, le PC aurait eu toute légitimité pour l’incarner et le mener.
        Mais les clarifications se sont faites.
        Les directions des partis de gauche étaient devenus un attelage trop hétérogène pour qu’un tel rassemblement soit un outil politique utile pour le peuple : l’évolution libérale du PS lui a fait franchir trop de lignes rouges sociales pour en faire un partenaire fiable et utile, et une aile libérale chez les Verts plombent leur vrai potentiel de rupture.
        Il existe depuis ces clarifications (et d’autres ont été faites à droite) 3 blocs :
        – un bloc égalitaire extrême-gauche – PC – LFI – aile gauche des Écolos
        – un bloc libéral Jadot-Hollande-Macron-Philippe
        -un bloc identitaire néofasciste Ciotti-Retailleau-Zemmour-RN

        Toute tentative nostalgique de “sauver le soldat libéral PS” pour viser un rassemblement les incluant n’amène que de la confusion auprès des classes populaires.
        Aucune chance de paraître cohérent en présentant une vision communiste, ni même une simple vision anti-libérale, si on doit expliquer faire l’union avec le quinquennat Hollande et les trahisons PS du NFP (le non-vote des censures en étant le point d’orgue).

        Fraternellement

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  6. Entièrement d’accord avec cette analyse. Il reste une difficulté (pas la seule, sans doute) : Comment convaincre d’aller voter dès le premier tour les déçus de ne pas se voir proposer un bulletin 100% PCF ?

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  7. Il est illusoire de croire que Melanchon peut gagner au 2eme tour. Il nous mènera tout droit a l extrême droite. Oui a une alliance Lfi mais sans Melanchon . Pour moi c est tres clair.lui même a dit qu il n avait pas besoin des communistes.c est un type autoritaire et dangereux.
    Enfin pourquoi pas une alliance des gauches au 1er tour. ?? Regardons l exemple des législatives un front de gauche doit être possible . Bougez vous les communistes ,montrez l exemple, rassemblez, négociez, soyez a l origine de ce rassemblement

    Répondre
    • Le PCF défend l’option d’un rassemblement populaire démocratique pour les élections législatives. Pour la présidentielle, c’est déjà un front de classe des producteurs ; particulièrement pour défendre la planification et le plan climat Empreinte 2050.

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  8. Pourquoi ne pas désigner nommément LFI? Et pourquoi penser, alors que les soc-dem n’ont pas désigné leur candidat, que seule LFI peut se qualifier au second tour? En outre rien ne dit que les voix communistes, dans l’hypothèse d’un retrait de Roussel, iraient à LFI. Enfin LFI, vu le rapport de force gauche-droite et la détestation de Mélenchon par beaucoup, est-elle le meilleur rempart à Le Pen?

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  9. pour ma part je vote non a la candidature de fabien roussel , je ne me sent pas impliqué par des convergences avec bernard cazeneuve et dominique de villepin responsable de la privatisation des autoroutes , seul doit l emporte la defense du prolétariat
    la politique de la pince a linge non merci

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    • Cher Michel Mazars, Cher camarade,

      Je comprends ton refus de la « politique de la pince à linge » et je partage évidemment ton exigence : la défense du prolétariat doit rester au cœur de notre stratégie. Mais justement, l’exemple des autoroutes mérite que l’on regarde précisément l’histoire. La privatisation ne commence pas avec Dominique de Villepin en 2005. Le processus est engagé sous le gouvernement de Lionel Jospin : en 2001, Laurent Fabius, alors ministre de l’Économie, décide l’ouverture du capital d’ASF, qui est introduite en Bourse en mars 2002 à hauteur de 49 %. Jean-Claude Gayssot, ministre communiste des Transports, s’y était opposé.

      Le processus se poursuit ensuite sous les gouvernements Raffarin, avec l’ouverture du capital puis la privatisation d’APRR et de Sanef. En 2005, le gouvernement de Dominique de Villepin décide finalement la cession des participations publiques restantes dans les sociétés concessionnaires, opération achevée en 2006.

      Cette chronologie est importante : elle montre que la question ne peut pas être réduite à une opposition entre une gauche qui aurait toujours défendu les intérêts populaires et une droite qui les aurait toujours combattus. Le PS de 2002 est responsable et pouvait mettre en minorité le PCF sur de tels choix. Aucune opposition de Jean-Luc Mélenchon. Il n’a pas quitté le PS sur ce sujet. Il a pleuré l’échec de Jospin. Des choix de libéralisation ont donc été engagés par des gouvernements de gauche comme de droite, et les communistes eux-mêmes ont pu s’y opposer lorsqu’ils participaient au gouvernement, comme Gayssot l’a fait sur ASF.

      Et il y a une autre leçon à tirer : aujourd’hui, le PCF comme LFI défendent la renationalisation des autoroutes. Nous pouvons donc avoir une convergence très concrète sur cette question sans pour autant avoir la même stratégie politique.

      C’est précisément pourquoi je ne confonds pas rassemblement et alignement.

      Défendre le prolétariat, ce n’est pas seulement identifier les bonnes propositions : c’est construire la force organisée capable de les imposer, y compris lorsque nos partenaires ne partagent pas nos choix. Par exemple, la sobriété proposée par LFI est antagonique à la planification écologique du Plan Climat Empreinte 2050.

      Pour moi, la candidature communiste doit servir à cela : reconstruire un rapport de forces de classe, dans l’intérêt du prolétariat, sans renoncer aux convergences nécessaires avec les autres forces populaires. Ni isolement, ni ralliement.

      Fraternellement.

      Répondre
  10. Plutôt d’accord avec le raisonnement. Pour moi c’est clair depuis des années après avoir pris mes distance avec mon ancien parti, LFI symbolise å la fois une ligne radicale et de rassemblement. Le maintient, en 2022, de la candidature communiste, à laissé la place au RN Le Pen au 2ieme tour plutôt qu’à la gauche avec une dominante radicale…Cette fois, prendre le risque de permettre au RN, d’acceder au pouvoir, le Parti ne s’en releverait pas. Il a, par contre, tout intérêt à participer et placer la gauche la plus solide et unitaire en tête et ainsi prouver son utilité historique.

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