Les 4, 5 et 6 juillet prochains se tiendra le 40ᵉ congrès du Parti communiste français. En amont de cette échéance, les adhérents seront appelés à voter les 6 et 7 juin sur la « base commune », c’est-à-dire le texte d’orientation politique qui structurera les débats du congrès et servira de boussole stratégique au parti pour les années à venir.
Rarement un congrès du PCF se sera tenu dans un contexte aussi incertain. À gauche, le paysage politique apparaît profondément fragmenté. D’un côté, le social-libéralisme cherche à se recomposer autour de personnalités comme François Hollande, Raphaël Glucksmann ou Bernard Cazeneuve. De l’autre, une multitude de candidatures alternatives peine à trouver un chemin commun, tandis que l’hypothèse d’une primaire paraît chaque jour plus improbable. D’autant que l’un des principaux acteurs s’est aventuré dans des déclarations sur l’immigration et d’une BD plus que douteuses. Dans le même temps, Jean-Luc Mélenchon a d’ores et déjà déclaré sa candidature.
Pour les communistes, la question est donc loin d’être secondaire : faut-il engager le parti dans une nouvelle candidature communiste autonome, au risque d’un score médiocre, d’un affaiblissement supplémentaire de la représentation parlementaire communiste et d’une dispersion supplémentaire des forces de gauche ? Ou faut-il travailler à une stratégie de rassemblement susceptible non seulement de qualifier la gauche au second tour, mais surtout de créer les conditions d’une victoire face à une extrême droite désormais aux portes du pouvoir ?
Quatre textes sont aujourd’hui proposés au débat. Celui porté par Fabien Roussel assume clairement la perspective d’une candidature communiste, à tel point qu’une conférence nationale pour désigner ce candidat est déjà fixée dans le prolongement immédiat du congrès. Le texte conduit par Frédéric Boccara, souvent qualifié de « texte des économistes », entend ouvrir « une nouvelle page du communisme ». Celui porté par Fanny Chartier propose un retour à la stratégie classe contre classe. Enfin, « Communiste à l’offensive » rassemble les sensibilités qui, depuis plusieurs congrès, défendent une conviction simple : face au risque désormais majeur d’accession au pouvoir de Jordan Bardella ou Marine Le Pen, la gauche ne peut plus se payer le luxe de la dispersion.
Au-delà des différences stratégiques, un constat traverse aujourd’hui les débats : la ligne qui s’était structurée autour de Fabien Roussel est désormais éclatée. Des désaccords s’expriment, renforcés par certaines prises de position récentes ou alliances discutées, qui interrogent nombre de militants quant à la capacité du parti à parler au monde du travail sans brouiller ses valeurs.
Dans ce contexte, le vote des 6 et 7 juin sera décisif. Si celles et ceux qui souhaitent une stratégie de rassemblement populaire, ancrée à gauche et tournée vers la victoire se mobilisent, le texte « Communiste à l’offensive » peut créer la surprise. Plus qu’un simple vote d’orientation, il s’agit peut-être de décider si le Parti communiste entend peser dans l’histoire… ou regarder le train passer



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