Le capitalisme épuise nos vies, détruit le vivant et nourrit la progression de l’extrême droite. Pour la première fois en France, l’extrême droite peut accéder au pouvoir par les urnes. Ne nous habituons pas à cette idée. Ne la laissons pas devenir une hypothèse parmi d’autres.
Le projet de « priorité nationale » de l’extrême droite travaille à créer des boucs émissaires à la crise capitaliste, une société de division et de violences économiques, sociales et culturelles. C’est un projet liberticide, raciste et de liquidation de l’État de droit. En 2027, il ne s’agit pas seulement de choisir un·e président·e mais bien de défendre la devise de notre République.
Rien ne doit être négligé pour battre l’extrême droite aux élections et dans les têtes.
Pour cela, il faut faire gagner la gauche en 2027, car nous n’acceptons pas de nous retrouver dans une impasse, avec un choix entre une droite autoritaire et l’extrême droite. Il faut ouvrir la voie à un changement de société : pour que les salarié·es prennent le pouvoir sur leur travail et que les richesses soient partagées, pour renforcer les biens communs et les services publics, pour faire de l’égalité une réalité, pour répondre à l’urgence écologique et pour libérer le travail artistique et la recherche scientifique de la domination capitaliste.
Dans notre diversité d’engagements communistes, nos combats communs sont nombreux : ceux du monde du travail contre l’exploitation et la précarité ; ceux de la recherche pour comprendre le monde et partager les savoirs ; ceux du travail artistique et de la culture ; ceux des féministes contre le patriarcat et des écologistes pour un monde habitable. Nous partageons les combats pour l’égalité des droits, contre le racisme et toutes les discriminations, pour l’accueil et les droits des étranger·es, ainsi que pour la défense des services publics, des solidarités et des libertés.
Faire gagner les intérêts populaires : c’est le sens de notre engagement pour le vote Jean-Luc Mélenchon
L’enjeu est de permettre au peuple de prendre ce qui lui appartient, le pouvoir, en mettant fin au présidentialisme et en convoquant une Assemblée constituante pour une VIe République.
Aujourd’hui, nous constatons que la candidature de Jean-Luc Mélenchon exprime l’aspiration à la rupture et peut porter la gauche au second tour. C’est la responsabilité commune des partis de gauche d’en faire un tremplin gagnant pour les intérêts populaires.
Cette candidature doit devenir celle d’un large rassemblement, avec une campagne qui fasse vivre la pluralité des forces qui s’y engagent, leur liberté d’initiative et leur convergence. Nous agirons pour une dynamique unitaire qui permette un rassemblement qui ne soit pas un ralliement.
En coopération avec les militant·es de La France insoumise, de l’écologie, de l’anticapitalisme et de la gauche qui ne renonce pas à la lutte des classes, avec toutes celles et ceux qui veulent transformer la société, nous nous organisons pour y contribuer.
Nous y apporterons notre spécificité communiste, pendant comme après la présidentielle, et au sein d’une majorité parlementaire de gauche pluraliste.
Partout où c’est possible, organisons-nous : faisons vivre des comités populaires unitaires, ouverts et pluralistes, pour réunir celles et ceux qui veulent agir contre l’extrême droite, débattre et construire ensemble une alternative politique.
Nous rendrons publique la liste des premiers signataires de cet appel le 14 octobre 2026, sur communistes2027.fr.



Chers camarades,
Le rassemblement ne peut pas être un substitut à la stratégie communiste, pas plus que l’antifascisme ne peut servir à suspendre le débat sur le contenu de l’alternative.
La lutte contre l’extrême droite ne dispense pas de respecter la démocratie interne du PCF, ni de débattre du contenu de l’alternative que les communistes veulent construire.
Je partage donc pleinement la nécessité de combattre l’extrême droite et de construire une alternative au capitalisme. Mais je ne pense pas que cette urgence justifie de faire de la campagne pour Jean-Luc Mélenchon une orientation communiste, sans débat préalable sur le fond et sans clarification de nos désaccords.
Le PCF a ses statuts, ses instances, son congrès, ses conférences nationales et ses votes militants. Le sujet a été débattu librement et tranché démocratiquement. Il doit par conséquent être exécuté loyalement. En 2022, déjà, certains ont tiré contre leur camp social. Le retrait d’Hidalgo aurait permis à LFI d’être au second tour.
Une orientation démocratiquement décidée engage collectivement le parti et donc chacun de ses militants adhérents. Chacun peut la discuter et chercher à la faire évoluer, mais organiser une campagne en faveur d’un candidat d’une autre formation, en contradiction avec cette orientation, pose une question de démocratie et de cohérence militantes. La démocratie communiste ne consiste pas seulement à voter : elle consiste aussi à mettre en œuvre les décisions collectives.
Autrement, c’est l’anomie organisationnelle. Aucune décision n’est collective. En d’autres termes, le parti n’existe plus. Votre démarche ne serait pas tolérée à LFI, la preuve avec les exclusions et les décisions de non renouvellement des investitures aux législatives de 2024 en lien avec la simple création de l’association L’Après.
Par ailleurs, le rassemblement ne saurait se réduire à une arithmétique électorale, à des sondages ou à la recherche du candidat supposé le mieux placé. Une présidentielle ne se gagne pas durablement en évitant les questions de fond. Elle doit ouvrir une perspective de transformation sociale, économique et politique.
Quel accord sur l’énergie, l’industrie et la planification écologique ?
Comment concilier l’autonomie énergétique, notre plan climat à l’horizon 2050 et la réindustrialisation du pays ? Le programme de Mélenchon est démagogique. Le recyclage de l’acier est indispensable, mais il ne saurait suffire à répondre à tous les besoins de production d’une économie qui doit se transformer. Quelle maîtrise publique des grands groupes stratégiques, quelle politique industrielle et quelle rupture avec un libre-échange qui délocalise aussi les émissions polluantes ?
Quelles garanties, également, sur l’internationalisme et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes (Sahraouis, Iles éparses etc.) ? Ces sujets ne sont pas secondaires : ils touchent directement à notre conception de l’exercice de la souveraineté populaire, de la coopération internationale et du développement humain.
Enfin, le pluralisme ne peut pas être à géométrie variable.
Il suppose le respect des communistes, de leurs décisions collectives et de leurs dirigeants, y compris lorsque des désaccords existent. Les attaques personnelles et les comportements sexistes ou discriminatoires, lorsqu’ils sont établis, ne peuvent être banalisés au nom de l’unité (Fabien Roussel = Doriot ; n’est pas un camarade etc.) Aucun communiste membre du PCF ne peut suivre une ligne sectaire menée par un dirigeant social-démocrate populiste tolérant ces attaques.
Bien sûr, nous devons dialoguer avec les militants insoumis, écologistes, socialistes et avec toutes celles et ceux qui veulent rompre avec le capitalisme.
Mais dialoguer ne signifie pas se rallier sans accord politique précis. L’unité véritable se construit par la confrontation fraternelle des propositions, l’identification des convergences et la reconnaissance des désaccords.
Notre responsabilité n’est pas de chercher un rassemblement pour lui-même, mais de construire un rassemblement populaire sur des objectifs de transformation clairement définis. La lutte contre l’extrême droite exige une gauche capable de convaincre durablement le monde du travail, de développer les forces productives dans une perspective écologique et de redonner au peuple le pouvoir sur l’économie et les institutions.
Le PCF doit apporter sa propre stratégie à ce rassemblement, et non devenir une force d’accompagnement d’une candidature dont les orientations restent discutables sur des questions essentielles.
Le débat doit donc porter sur une question simple : voulons-nous seulement rendre possible une victoire électorale, ou voulons-nous créer les conditions politiques, économiques et sociales d’une véritable conquête populaire ? Les deux objectifs ne sont pas incompatibles, mais le premier ne saurait remplacer le second.
Fraternellement,