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Marine Le Pen candidate : l’extrême droite entre condamnation judiciaire et fuite en avant trumpiste

Marine Le Pen vient d’être condamnée en appel dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national. La peine d’inéligibilité réduite lui ouvre, à ce stade, la possibilité de se présenter en 2027. Quelques heures plus tard, elle était sur TF1 pour annoncer : « Je suis candidate ».

Cette séquence dit beaucoup de ce qu’est devenue l’extrême droite française : un parti condamné pour détournement de fonds publics, mais qui se présente aussitôt en victime ; une dirigeante condamnée par deux juridictions, mais qui transforme la décision de justice en meeting de lancement de campagne ; un mouvement qui prétend incarner l’ordre, mais qui conteste l’État de droit dès que la justice le concerne.

C’est exactement la méthode trumpiste : délégitimer les juges, crier au complot, faire passer une condamnation judiciaire pour une persécution politique, opposer le vote populaire aux institutions de la République. C’est dangereux. Non pas parce que la justice déciderait à la place du peuple, mais parce que l’extrême droite veut faire croire que le suffrage universel autoriserait tout, y compris l’impunité.

La démocratie, ce n’est pas le règne de l’impunité. La démocratie, c’est le vote, oui. Mais c’est aussi l’égalité devant la loi, l’indépendance de la justice, le refus que l’argent public soit utilisé au service d’un parti. Les Françaises et les Français auront évidemment le dernier mot dans les urnes. Mais ils doivent pouvoir le faire en connaissance de cause : Marine Le Pen n’est pas une victime du système, elle est une responsable politique condamnée dans une affaire de détournement de fonds publics.

Son annonce de candidature, son pourvoi en cassation, son affirmation qu’elle fera campagne « sans bracelet électronique », et la désignation de Jordan Bardella comme Premier ministre en cas de victoire montrent que le RN entre déjà en campagne. Le danger n’est donc pas théorique. Il est là. Organisé. Déterminé. Prêt à utiliser chaque décision de justice pour nourrir sa stratégie de conquête du pouvoir.

Face à cela, la réponse ne peut pas être l’attentisme, les calculs d’appareil ou les divisions de confort. Le danger de l’extrême droite appelle un rassemblement concret, populaire, social, démocratique et antifasciste. La gauche, les syndicats, les associations, les forces du mouvement social doivent se parler, agir ensemble et construire une alternative capable d’empêcher le pire.

Car battre Marine Le Pen et Jordan Bardella ne se fera pas seulement par des indignations. Il faudra répondre à la colère sociale, aux fins de mois impossibles, à la crise des services publics, au logement trop cher, à l’abandon des territoires populaires, au racisme, à la violence sociale et à la peur de l’avenir. C’est sur ce terrain que l’extrême droite prospère. C’est sur ce terrain qu’il faut la combattre.

Nous devons le dire clairement : l’extrême droite peut gagner. Mais elle peut aussi être battue. Rien n’est écrit. À condition de prendre la mesure du moment, de rassembler la gauche et le mouvement social, et de proposer un horizon de rupture, de justice, d’égalité et de République sociale.

Marine Le Pen lance sa campagne sous le signe de la victimisation et du mépris de la justice. À nous de lancer la nôtre sous le signe du rassemblement populaire, de la démocratie et du combat contre l’extrême droite.

En 2027, il ne s’agira pas seulement de choisir un nom sur un bulletin. Il s’agira de savoir dans quel pays nous voulons vivre.

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