Quelle suites pour AC et quelle position prendre pour la présidentielle ?
Nous avons fait le choix de ne pas former une tendance. J’aurais préféré. Je serais peut-être encore membre du PCF. Cela n’aurait pas empêché des communistes non membres du PCF d’être associé.e.s au réseau ainsi formé.
Dès lors, quand bien même il est logique que le PCF mobilise notre attention dans la mesure où il préempte le communisme, j’estime qu’il est temps de couper le cordon ombilical.
En l’état des choses, notre communisme et le PCF cela fait deux.
Pour moi, la différence essentielle tient dans l’accord ou non avec l’idée que « l’émancipation des travailleurs sera (doit être/ne peut être que) l’œuvre des travailleurs eux-mêmes. »
Cela doit conduire une organisation communiste digne de ce nom à donner toute priorité à la formation, au développement et à l’action souveraine du mouvement populaire progressiste possible.
Pas uniquement quand l’extrême-droite menace, mais d’autant plus car la menace est mortelle.
Comment cultiver cette primauté du mvmt populaire dans la perspective spécifique de l’échéance électorale présidentielle ?
Je ne vois pas d’autre option qu’en choisissant d’appeler les électrices et les électeurs à faire usage de la candidature de Mélenchon qui émane de la force de gauche la plus influente et donc parfaitement légitime à mettre à disposition du rassemblement nécessaire, une candidature.
Bien sûr, nous avons de profonds désaccords avec LFI et Mélenchon. Mais est-ce une option, pour en débattre et pour convaincre que notre approche serait plus appropriée, de combattre cette partie de la gauche, la plus importante numériquement, la plus influente, la plus active ?
Or, tout autre choix que celui de faire de la candidature Mélenchon, celle que nous utiliserions, ne signifiera que cela aux yeux des hommes et des femmes, souvent ceux et celles que nous retrouvons systématiquement dans les luttes les plus emblématiques de la gauche, que ce soit au plan local comme à des échelons supérieurs.
Je suis pour faire savoir que nous pensons ainsi et pour décider en conséquence de saisir l’offre de coopération formulée par LFI, en demandant à les rencontrer pour explorer comment cela peut se concrétiser. Une occasion d’échanger sur comment nous concevons de nous impliquer et de voir comment nous pouvons être respectés.
Car il ne s’agit pas le moins du monde d’un ralliement, d’un alignement, ou de former la composante communiste au sein de LFI. Il s’agit bien d’interpréter le communisme en actes.
Dans ce sens, attention à bien signifier que ce choix n’est pas dicté par un calcul électoral à courte vue. Aucune élection ne suffira jamais à transformer la société en la libérant du carcan du capitalisme. Pour nous, ce choix, c’est un choix d’étape dans une visée révolutionnaire de longue haleine passant par une démarche résolument autogestionnaire.
Pour moi, cela devrait nous conduire, après le 40ème Congrès du PCF qui, hélas, n’accouchera de rien de bon, par
L’AFFIRMATION D’UN PÔLE COMMUNISTE
UNITAIRE ET RÉVOLUTIONNAIRE
Je veux bien entendre que le combat est à mener (par les adhérent.e.s du PCF dont je ne fais plus partie) jusqu’au Congrès dont les conclusions leurs appartiennent. Je respecte cela. Mais au terme de ce Congrès, si comme cela est plus que probable, le PCF fait le choix de la désunion du peuple de gauche et d’un suprémacisme partisan dont il n’a pas les moyens (heureusement) et surtout totalement non communiste, j’estime qu’il faudra permettre aux communistes d’affirmer l’existence d’un pôle communiste unitaire et révolutionnaire.
Sans qu’il soit question de ralliement, d’alignement, d’effacement de ce que le communisme effectif peut apporter de meilleur à la visée d’émancipation du genre humain, il s’agira ainsi du choix d’utiliser la candidature de Mélenchon (au demeurant légitime pour représenter le gauche étant donné l’influence acquise par LFI) pour que celle-ci serve au mieux au rassemblement le plus large à gauche. Autant que faire se peut, un rassemblement ancré dans la multiplication de collectifs unitaires antilibéraux et donc antifascistes, c’est-à-dire dans le développement d’un mouvement populaire autogestionnaire et non dans le schéma illusoire de la mise en œuvre d’un programme idéalisé par un grand timonier.
« gauche » ne pouvant signifier moins que le parti pris de faire reculer la domination mortifère des propriétaires des moyens de production et d’échange au détriment de l’humanité et de toute vie sur terre.



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