Dans un an, notre pays peut basculer. Dans un an, la France pourrait voir s’abattre sur elle la nuit noire du fascisme. Ce qui semblait impensable devient aujourd’hui possible.
Le couple Le Pen-Bardella est présenté comme fréquentable, normal, presque inévitable. La dédiabolisation avance masquée, relayée par des canaux militants, institutionnels et médiatiques. Dans le même temps, des réseaux néonazis s’organisent dans notre pays. Ce sont des alertes majeures.
Et pourtant, face à ce danger, que voyons-nous ? Une partie de celles et ceux qui devraient constituer le rempart se retrouvent eux-mêmes pris pour cible. L’offensive politique, médiatique et symbolique contre La France insoumise, visant à la rendre infréquentable, n’est pas sans rappeler les heures sombres du maccarthysme, lorsque l’on cherchait à exclure et discréditer toute force porteuse d’une alternative.
À force de délégitimer celles et ceux qui résistent, on affaiblit le seul front capable de contenir le pire. Nous n’avons plus le luxe des divisions. Nous n’avons plus le temps des hésitations. Nous appelons à créer les conditions d’une victoire de la gauche à l’élection présidentielle. Une victoire construite sur une union claire, assumée, fondée sur un projet partagé de rupture avec le capitalisme, et un accord législatif rassemblant toutes les forces de progrès, dans leur diversité.
Au-delà même des échéances électorales, nous appelons à bâtir un véritable front antifasciste et pacifiste. Un front large, populaire, déterminé, rassemblant toutes celles et ceux qui veulent se lever contre le fascisme et la guerre. Partout, dans les villes et dans les villages, créons des comités, organisons la résistance démocratique, redonnons espoir.
Nous souhaitons engager le dialogue avec l’ensemble des forces de gauche qui partagent cette exigence. La gauche doit discuter au grand jour et pas par média interposés. Manuel Bompard propose de constituer une nouvelle alliance populaire. Aussi imparfaite soit-elle, cette proposition mérite d’être discutée publiquement. Elle peut permettre d’ouvrir le dialogue, fusse-t-il conflictuel , avec toutes et tous pour aboutir à une candidature unitaire, à un contrat de législature, à une alliance respectueuse des différences et fortes des convergences. Ces débats doivent aussi avoir lieu dans des comités locaux pour engager une véritable dynamique populaire.
Nous appelons aussi le Parti communiste à être à la hauteur de ce moment historique. Son congrès de juillet prochain doit être l’occasion de faire des choix clairs, courageux, à la mesure du danger. Car au fond, une seule question nous est posée : serons-nous à la hauteur de l’histoire ? Le fascisme avance toujours quand on le sous-estime. Il recule toujours quand les peuples s’unissent. Alors, unissons-nous. Pas demain. Maintenant.


