Au lendemain du premier tour des municipales, il y a urgence. Le fait majeur de ce scrutin c’est que la droite et l’extrême droite arrivent en tête dans de nombreuses communes et apparaissent aujourd’hui comme les principales bénéficiaires de la fragmentation de la gauche. Le rassemblement est une urgence absolue !
Dans plusieurs villes moyennes et anciens territoires industriels, l’extrême droite atteint des niveaux très élevés et peut désormais prétendre conquérir plus d’une centaine de municipalités. Cette progression ne relève plus seulement d’un vote protestataire : elle traduit un enracinement politique durable dans des territoires profondément fragilisés par les crises sociales et la désindustrialisation.
Mais cette poussée ne se limite plus aux périphéries. Elle progresse aussi dans les grandes villes. À Marseille, l’extrême droite réalise des scores élevés qui peuvent lui permettre de l’emporter au second tour, à la mairie centrale et dans certains secteurs. À Paris, elle franchit désormais la barre des 10 %, signe d’une banalisation progressive dans les métropoles.
Dans ce contexte, la gauche apparaît trop souvent fragmentée et affaiblie. Partout où les forces progressistes se sont présentées divisées, elles ont ouvert un espace politique à la droite et à l’extrême droite.
Il faut le dire clairement : les stratégies de guerre permanente entre forces de gauche ont toutes échoué. Les logiques d’excommunication, de pilonnage et de concurrence ont désorienté l’électorat populaire et empêché la construction d’une dynamique majoritaire.
Mais il existe aussi d’importants points d’appui pour la gauche. De nombreux pôles de résistance connaissent de beaux succès. 172 maires communistes ont été réélus dès le premier tour, confirmant la solidité de certains ancrages municipaux fondés sur les services publics locaux, les politiques sociales et un lien vivant avec les classes populaires.
Globalement, la gauche se maintient dans de nombreuses communes, notamment dans les centres urbains, la France insoumise réussissant pour la première fois à conquérir des communes. Cette dernière réussit à faire exister une proposition municipale mobilisatrice, en particulier dans les quartiers populaires où ces dernières années le Parti communiste, a douloureusement brouillé son image.
Mais ces résistances elles-mêmes sont aujourd’hui sous pression, y compris dans des territoires qui furent longtemps des bastions ouvriers.
Ce premier tour doit donc être entendu pour ce qu’il est : un avertissement politique. Dans cette situation, la désunion de la gauche n’est pas seulement une erreur stratégique : elle devient une irresponsabilité politique.
Face à la progression du bloc réactionnaire, la question décisive n’est pas de savoir quelle force de gauche dominera les autres. La priorité est de battre la droite et l’extrême droite partout où c’est possible.
Cela suppose une conclusion simple : mettre fin à la guerre des gauches et construire des listes de rassemblement de la gauche et des écologistes capable d’arracher le maximum de victoires !
Il reste quelques heures pour y parvenir. C’est possible, et c’est à cette condition seulement que l’extrême droite et la droite pourront être battues.


